25/03/2008

Bilan 1/7

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   Voilà trois mois que je me suis risqué, avec vous, à la réalisation de ce « journal extime », pour reprendre l’expression de Michel Tournier. Je l’ai fait quasiment chaque jour, trouvant à la fois de la peine et du plaisir à m’initier concrètement à ce nouveau moyen de communication, plutôt méprisé par les professionnels des médias mais vite adopté par les jeunes, les sans emploi, les sans pouvoir. Et les vieux, of course. Eux, seulement dans la mesure où ils n’ont pas trop attendu avant de s’approprier le mystérieux alphabet de l’informatique, avec plus d’application et moins de mémoire qu’ils n’ont eues jadis dans leur apprentissage de l’orthographe. J’ai des amis plus âgés qui me téléphonent avec consternation : « Paraît que tu écris tous les jours à tout le monde, et  je ne sais même pas te lire, figure-toi, je ne sais pas comment on  fait ». Les pauvres !

 

   Début mars, j’ai dû interrompre quelque temps la coulée des phrases, et je pentecoteme suis engagé à continuer d’autant après le 25 mars. Cela nous conduirait fin mars, ai-je dit. Sept jours. Je remplirai bien exactement mon contrat. Mais ces jours de rabiot, je ne les compterai pas avec le mouvement du soleil, mais celui d‘un astre plus intérieur, plus sacré. Mon quotidien devient donc hebdomadaire. Et sortira le dimanche – sept fois, ce qui nous conduira au 10 mai. Ah ! mais ce 10 mai, c’est le  jour de Pentecôte ! Heureux hasard, mais hasard. Non, je n’ai pas la grosse tête, pas plus que le roucoulement du Saint-Esprit.

 

green_1   Le bilan!? Me suis-je « envoyé une lettre à moi-même pour me donner des nouvelles de moi », comme disait  Julien Green de son  journal à lui, autrement sérieux ? Oui, mais pas seulement. Oui, d’abord : j’ai appris à user d’un style plus oral, avec des négations où manque expressément le « ne », par exemple, et des ruptures de construction ; des métaphores poussées loin, des confidences étalées, c’est donc que j’aimais ça. J’ai même ajouté ici ou là une note d’humour dont je me croyais incapable. Tout de même, vous avez eu droit le plus souvent à mon discours fidèle : de longues périodes latines où les compléments multiplient les nuances, où les contraires s’énoncent puis se résolvent par changement de point de vue ; où finalement, toute affirmation n’a de majesté légitime qu’après qu’a retenti la  trompette de l’objection. – Et non :  grâce à Palagio, qui m’a d’abord embêté, j’ai retrouvé un vieil ami de qualité. Marie m’a bien encouragé, comme elle sait faire. Quelques commentateurs, comme Cyril et Ben de Bruxelles, m’ont ouvert à d’autres problématiques. Et puis, surtout, il faut le compter aussi, Dieu… j’ai constaté avec surprise à quel point je me sentais banalement en présence du Dieu fait Homme – Jésus. Bien sûr, je me savais pieux, passionnément même. La surprise a été de voir que j’en parlais comme… dieu amoureh bien, comme un obsédé, un amoureux. En me relisant, je songeais à cette phrase attribuée par le réalisateur de Thérèse à sa petite héroïne :  Dire que je suis éprise d’un homme qui a vécu il y a deux mille ans, que je n’ai jamais vu, que je ne verrai peut-être jamais, et dont certains prétendent qu’il n’a même pas existé. – Allons : qu’il ait existé, on a pu en douter au XIXe siècle, mais plus aucun historien aujourd‘hui ne le croit. Ce n’est pas en vain que j’ai potassé les trois volumes rouges de John  P. Meier : Un certain Juif Jésus. Les données de l’histoire, au Cerf, en 2005.

 

23:03 Écrit par Ephrem dans Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

continue oui si tu peux, on n'a pas a savoir trop ce qu'on apporte aux autres par un blog, mystére parfois mais je crois que la fidélité paie car dieu pourrait te lire !

Écrit par : en passant... | 26/03/2008

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