01/09/2008

Bienfaisantes vacances !

Pierre et Ben 1

Mes beaux neveux (avec et sans trait d'union) sont allés en Espagne fin juillet et début août. A Barcelone, principalement, où, membres du BGS, ils ont participé aux Eurogames, avec les goûts, les facultés et les muscles  de leur jeunesse. Après quoi ils sont restés seul à seul, en amoureux, comme il convient. Retraite absolue, fermée, ce qui est rare dans ce couple ouvert, chacun étant issu de cercles différents, et y restant attachés.  Retraite sensuelle, j'imagine, et combien voluptueuse dans la chaleur catalane ! Mais spirituelle aussi : c'est quand le farniente s'ajoute à la vie commune que s'instaure spontanément, chez les esprits profonds, un dialogue. Place à la Parole : mutuelle, elle est comme le Verbe de Dieu ; elle fait être. C'est alors que se reconnaissent, de plus en plus consciemment, les conditions exigeantes de l'amour durable, en même temps qu'on se voit les satisfaire avec une naturelle aisance. 

Hotel Romantic, grande entrée, Sitgès 

Ben devait rentrer à Liège vers la mi-août. J'ai convié Pierre à rester en Espagne pour m'assister de sa compagnie pendant les quelques jours où je voulais moi-même « prendre le soleil » : il m'a donc attendu et a rejoint mes quartiers d'été. Où ? J'imagine que vous devinez. Non à Barcelone, mais à Sitgès. Naturellement ! La délicieuse et gaie Sitgès, où je suis allé tant de fois avec Bruno. A mon âge, j'en ai évidemment ignoré les plaisirs nocturnes, mais l'Hôtel Romantique où je suis descendu avait de quoi épanouir ma bonne humeur. Non que ce lieu célèbre soit douillet ni même confortable. Luxueux, mais façon XIXe siècle. Magnificence du bâtiment, incommodité de l'habitat. M'abandonnant aux seules voluptés de la nostalgie, j'y ai relu les « Clefs du Royaume », de Cronin, roman dont mon enfance avait été marquée... Etrange : le livre date de 1944, et à travers le prêtre écossais qui en est le héros, toutes les questions que l'Eglise eut ensuite à résoudre se trouvent abordées. Et... résolues. Non comme firent les pontifes réels qui suivirent, mais comme Helder Camara, comme l'abbé Pierre, comme tous les prêtres que nous connaissons bienfaisants et fidèles, et qu'accompagne pourtant, visiblement, la méfiance de leur hiérarchie.

Je petit-déjeune en Espagne

 

Aujourd'hui, je vous retrouve, amis qui me lisez. Me voilà parti avec vous jusqu'au solstice d'hiver, quand le soleil ne nous éclairera plus que quelques heures paresseuses. Dans cet « Ephrem II » où je n'ai plus rien d'essentiel personnellement à confier, je peux divaguer davantage, digresser, errer ; mais je ne m'en prendrai jamais qu'aux soi-disant Maîtres, aux Propriétaires du savoir ou du salut ; et, comme d'un piano, j'espère jouer de la langue française, avec ses oxymores clair-obscur et ses subjonctifs raffinés. Tiens donc ! Où est la différence entre « j'apprécie que vous me lisez » et « j'apprécie que vous me lisiez », formes toutes deux possibles ?

16:49 Écrit par Ephrem dans Plaisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Super ton blog !

Écrit par : sugus | 01/09/2008

Merci d'accompagner nos pas vers le solstice hivernal, qui restera éclairé grâce à l'intensité de la lumière que vous ne manquerez pas de nous offrir...
Dans l'attente de vos rayons bienfaisants, je vous embrasse
Marie

Écrit par : Crocki | 03/09/2008

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