04/10/2008

Un nouveau péché

hapkido ou la discipline de la rencontre

 

   Le goût du blog, pour un isolé qui a « le temps », c'est comme le nouveau péché découvert à l'adolescence. Quand on l'a éprouvé, vers douze-treize ans, on s'est d'abord effrayé. Je me souviens avoir cru, la première nuit, dans l'obscurité, que c'était du sang. Puis on s'y attache, on se familiarise, on y revient deux ou trois fois par semaine. Personne autour de moi ne parlait de ça, sinon quelques « mauvais compagnons » qu'il fallait «  fuir comme une orange gâtée ». - Pour ce qui est de la blogosphère, dont la volupté est à peine plus convenable (C'est fou, le nombre de gens qui me disent : Quoi ! tu perds ton temps à ça ?), c'est Marie T. qui m'a contaminé, et elle est tout sauf une mauvaise compagne. La lecture de « Vivance » m'a rendu plus sensible à une forme d'ouverture à autrui qui soit large, qui « sème à tous vents », sans « moisson » à prévoir et gérer. Qui oblige à la précision, aussi, sans détour poli du côté des  généralités inutiles. Qui se doit d'éviter le piège de la polémique, qui ne me plaisait déjà pas, mais que je croyais inévitable :  eh! bien non, on peut le déjouer. J'ai compris par et chez « Crocki » sans qu'elle en soit consciente, qui sait ! (ou peut-être si ?) comment faire voir une chose sans ôter toute pertinence à la vision  opposée. Se satisfaire de proposer une façon de voir, d'écrire, de vivre. Celle qu'on a choisie, et qu'on jette comme ça dans le débat public, en passant d'un thème à l'autre, sans se poser en oracle - sans oublier tout de même, c'est impossible, le professeur (ou l'infirmière ?) qu'on a été....

mise en cause -images 

  Ajouterai-je : ...Comment contester une institution sans déplaire à ses responsables ? Comment approuver certaines transgressions sans scandaliser les valets de cour et irriter les forces de l'ordre ? Non, je ne crois pas (encore) ça possible. Limites de la matière, du corps social, du droit. Il faut un moment choisir son camp. Identifier l'adversaire, qui ne doit pas être une personne, mais une règle, une habitude, une fonction. Identifier, sans déshonorer. Mettre en cause comme un garagiste qui dit : « c'est le carburateur... » - Ouf:  j'ai évité de justesse la comparaison « comme un médecin qui dit le poumon »... Merci, Toinette, mon bon  ange au pays des classiques.

oranges_preview_0 

  Je m'avise que la fable à quoi j'ai fait allusion pour commencer ce billet est aujourd'hui oubliée. La voici, courte et féroce, telle que ma mémoire l'entend encore : « Un jeune enfant vit dans un tiroir / Au milieu d'oranges fort jolies / Une orange gâtée. / En revenant les voir / il les trouva toutes pourries / Moralité : / Jeunes amis, qui voulez rester bons / Fuyez, fuyez les mauvais compagnons ». 

18:49 Écrit par Ephrem dans Plaisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Pour rendre à Ephrem ce qui appartient à Ephrem, il faut dire que si je l'ai fortement encouragé à se dévoiler sur son blog personnel, c'est qu'il oeuvrait dans l'ombre sur Vivance, à travers des commentaires, dont l'intérêt du message dépassait de loin celui de mes posts!..

Écrit par : Crocki | 05/10/2008

difficile Je fini par croire qu'il est très très difficile de critiquer sans rejeter et sans blesser. Même avec beaucoup de réflexion et de prières. J'en suis donc à plutôt proposer une autre façon, à m'engager à accompagner une autre pratique...je ne vois pas mieux pour l'instant...et tout ca je le dois aussi à la même Marie T. ;) et bien sût à l'action de l'Esprit Saint dans nos vies.

Écrit par : Seb | 07/10/2008

Saintes colères Cher Sébastien, il y a aussi une fidélité à soi-même qu'il faut garder : elle est précieuse pour [u]autrui[/u], en te caractérisant, comme le fait ton beau pseudo Furyo. Tes colères sont belles, elles sont même timides par rapport à celles de Moïse et de Jérémie. - Nos amis nous connaissent, on ne les blesse que si on est bas et venimeux, pas en étant spontanés. En revanche, les inconnus, eux, peuvent être heurtés par nos idées elles-mêmes, voire par notre personnalité. Peut-être notre moralité - la façon dont nous l'envisageons. On ne peut rien contre cela. Sinon faire pire en étant hypocrite. Le blog, lui, a cette grâce d'être une façon de communiquer où l'interlocuteur mécontent peut claquer la porte sans qu'il y ait de conflit...

Écrit par : Ephrem | 07/10/2008

Les commentaires sont fermés.