19/12/2008

Vacances en vue

chat fatigué

 

   Cela parle de quoi, cet Espace à prénom ? Il est enregistré sous la rubrique « religion » : pourquoi ? - On en parle beaucoup. - Oui, mais pas seulement. - Encore que... » Déjà vous avez compris : je me sens accablé par la masse des nuances qui m'alourdissent l'esprit quand je rédige. Et pourtant je ne saurais renoncer à ce discernement qui est mon plaisir (ma manie ?) et ma marque de fabrique. Je me sens vraiment contraint par l'honnêteté intellectuelle de rendre compte des poids opposés qui m'écartèlent et que je supporte bien, du côté aventureux des décisions que je prends, mais aussi du jeune, soudain, et paradisiaque plaisir éprouvé alors par la découverte de la voie où j'entre alors, juvénile et audacieux. Nouveau souci alors : fais-je aussi passer à d'autres que moi cette jouissance spirituelle ressentie par moi avec force, et que je ne partage que maladroitement (les mêmes mots ont un sens si différent pour chacun) ? Pas sûr... Certes, je ne peux pas ne pas voir que s'accroit toujours (merci) le nombre de ceux qui me lisent, et pas seulement qui passent : une simple ouverture du site ne semble pas déclencher le compteur élémentaire, en haut à gauche. Mais je mesure, comme dit mon neveu Pierre, que, faisant moi-même des objections à ce que je dis, je décourage un lecteur de bonne volonté à entrer dans un débat. Il lui suffit d'attendre : chez moi, la phrase qui objecte suit tellement souvent la phrase qui affirme... Quant à mes amis qui s'impliquent courageusement dans des « commentaires » encourageants, je m'irrite sottement lorsqu'ils normalisent ou ramènent à un propos de salon une vérité que j'ai récemment découverte avec ravissement, comme une théophanie lumineuse. J'ajouterai enfin que ce blog diffère un peu beaucoup de la sainte norme.  Bref, marre ! j'en ai (provisoirement ?) marre. Les vacances de Noël poursuivies sans doute jusqu'au Carême m'arracheront donc à ce PC qui commence à exercer sur moi je ne sais quelle tyrannie. Quod fecit Cyril, cur non ego ?

 taize-dec-2007-foule

Répit : on se reparlera encore jusqu'à Noël. Mais pendant les vacances, au revoir. De son côté, le mec suffisant qui, passant en bagnole à Mâcon, n'avait jamais voulu depuis cinquante ans pousser jusqu'à Taizé parce que le succès religieux du site lui paraissait folklorique, moi donc, s'est rendu compte aujourd'hui 1. que bien des jeunes plutôt indifférents à Dieu étaient revenus de là avec au cœur une vraie découverte, dont ils ne déchantaient plus ; mon neveu Freddy junior, par exemple ; 2. Que c'est l'Eglise établie - à Bruxelles en l'occurrence - qui leur demande leur aide, comme un vieux restau décati s'ouvre aux recettes du jeune concurrent révolutionnaire ; 3. que, malgré les 70 mètres carrés (dont l'unique chambre à coucher) de l'appartement où je créchais, je pouvais bien ouvrir mon petit domaine, comme Abraham aux siens, à ces trois nouveaux hôtes, envoyés eux aussi par Dieu. (Peut-être qu'ensuite mon marchandage pour le salut de Sodome sera mieux accueilli). Enfin, je vous conterai plus trard les accidents drôles ou non de nos auto-scooters respectifs. Ils sont prévisibles, mais ce n'est pas un motif qui m'arrêterait. 

 conteur-enfants

     Car vous avez remarqué ? « L'actualité religieuse », qui a fait l'essentiel de ce blog, n'était pas ici l'actualité internationale, mais une autre, qui compte bien davantage : celles des âmes. Un blog est toujours un journal intime, je n'ai pas dérogé au principe, malgré ma volonté première d' « extimité ». C'est d'âmes, dont la mienne, que je raconte l'histoire. Et vous aurez constaté que j'emprunte, pour la plupart des « posts », le schème narratif. C'est la différence que tout le monde peut voir entre Marc, Luc, Matthieu, d'une part, et Paul de Tarse d'autre part. Ne pas conseiller, exhorter, réprouver, moraliser, ni même enseigner, mais faire voir, faire entendre, faire jouir, faire plaisir, par des récits. « Bon-Papa, raconte-nous une histoire ». Oui, quelques jours encore, et dormez bien, les grands enfants.

03:48 Écrit par Ephrem dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Dors bien, notre père à nous. Taizé, j'avais seize ans. Je ne renie pas cela. Les offices, le matin, le midi et le soir. Et puis les psaumes chantés. La première fois je crois que, quelques mois plus tard nous avons parlé de foi je me suis ouvert à toi de l'expérience de Taizé.J'en garde un souvenir très précis.... Que m'en as tu dis ? mmm....

Alléluia

Écrit par : cesame | 20/12/2008

Bonnes vacances, Ephrem! Elles semblent prometteuses de bien de découvertes. Que vous ne manquerez pas de nous partager? Avec votre regard qui sonde en profondeur...
Dès à présent, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année, emplies de la joie de partages humains empreints du souffle de l'Esprit.
Je vous embrasse bien fraternellement
Marie

Écrit par : Crocki | 21/12/2008

Ce qu'Ephrem a dit de Taizé, d'autres l'ont dit de ceci et d'autres encore de cela.
J'ai si souvent changé ou du changer d'opinion.

Mais je ne pense pas avoir beaucoup varié dans mes convictions. Et le travail d'Ephrem, parfois au prix de ma fureur, les a parfois singulièrement renforcées.

Écrit par : Palagio | 21/12/2008

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