31/03/2009

Ma jument mon amour

panne

 

     Ce n'est pas que je manque de sujets à traiter : sur le feu de ma réflexion, qui s'alimente aux combustibles rhétoriques dont vous me savez familier, trois thèmes mijotent, issus de ma mémoire capricieuse. Pourtant, je vis présentement dans une  demi-paresse : deux posts par semaine, c'est mince. Une apathie qui a pour cause l'obligation où je reste encore, après quinze jours, d'user d'un PC étranger, autrement programmé que le mien, et sans accès à mon courriel ni à mes "zarchives". Mystère de la liberté humaine, de sa condition matérielle : l'informatique qui transcende les autres limites asservit aux siennes. Et plus qu'on n'imagine : ceux qui écrivent à l'une de mes adresses normales doivent me plaindre plutôt que me maudire: leur courrier ne reste sans réponse que parce qu'il ne m'arrive pas (encore). Quand les choses seront rétablies, je le dirai ici.

 Maire de Berlin, maire de Paris - Wolveret et Delanoe -IMG_7305-Web_500-ea15b

   J'ajoute au four des mes brouillons un quatrième sujet, qu'un tout récent lecteur se disant "homo du silence", m'amène à traiter. Grâce à lui, j'observe, à ma propre surprise, que je n'ai quasiment jamais parlé des bonheurs et malheurs de la "condition homosexuelle", jamais dit ce que j'en savais pour y avoir pris ma part, comme un Noir ou une femme pourrait le faire de la négritude ou de la féminité. Il y aurait de quoi, pourtant ; j'ai d'ailleurs lu là-dessus, au cours de ma vie, des bibliothèques. Il me semble seulement qu'il s'agit d'archéologie. Certes, les gays sont encore en danger dans une grande partie de la planète. Mais en Occident où je suis, d'où je parle, que je ne quitterai plus, ils sont "de la famille", partout. Personne ne songe plus à les ostraciser - chez nous, je dis bien chez nous, devenus chez tous, puisque nous sommes légalement et sociétalement parfaitement normalisés. J'en tiens pour auteurs les militants, martyrs de la cause ; le sida, étrangement, qui, à son apparition où il frappait d'abord les gays, inspira de la compassion plutôt que l'envie habituelle (oui, ce sentiment-ci m'a semblé jadis curieusement présent chez les hétéros mâles), et surtout le "coming out" banalisé des hommes et femmes  de pouvoir. Ne pas s'afficher (nya rien à voir), ne pas donner le change (nya rien à taire).  

Humour gay h-20-1438825-1235742847 

     Et l'Eglise ? Permettez que je donne une opinion qui sera peu populaire, mais qui est vraiment mienne. Elle ne concerne pas la sexualité des gens telle qu'ils l'ont reçue de Dieu, dont je loue l'exercice tant qu'on ne convoîte pas expressément "la femme ou l'amant d'autrui", devenu(e) désirable par le choix même d'autrui. Elle concerne seulement la promesse de célibat et le vœu de chasteté émis librement pour accéder à une responsabilité ecclésiale. C'est par compassion pour les homos, ai-je lu, que notre Joseph-Benoît universel ne veut plus d'eux dans la cléricature : il s'est laissé dire que la force de leur sensualité est telle qu'elle ne leur permet pas une chasteté heureuse, sereine. Le raisonnement, en pure logique, se tient : un amateur de planche à voile ou de surf, s'il ne parvient pas à savoir nager, mieux vaut qu'il renonce à ce sport, pour lui et pour tout le monde. Mais en matière de maîtrise de la libido, quel dynamomètre est concevable  a priori ? N'est-ce  pas a posteriori que ces choses se constatent ? Du coup notre Gottfried (encore) national, croyant davantage à la puissance de l'Esprit-Saint chez tous - pour autant qu'on le laisse souffler et que les Supérieurs soient attentifs et bienveillants - pense qu'il n'y a pas de différence sérieuse. Gays ou straigth, c'est le même instinct qui interfère, et qu'il faut juguler. Quoi qu'il en soit : c'est la règle du sacerdoce en Occident, jusqu'à nouvel ordre. Homo ou hétéro, qu'importe, selon notre Archevêque. Mais un candidat prêtre ou un religieux doit renoncer totalement à l'expression sexuelle. Le sacrement de l'Ordre n'est pas du même type que le baptême, la confirmation, etc. Il est facultatif. Tout le monde n'y a pas "droit". Et il y a des ambiguïtés qu'il ne faut pas cultiver. Dans la discipline actuelle de l'Eglise, c'est aussi mon avis. Bien entendu, j'aimerais qu'un Vatican III établisse de nouvelles règles, mais en attendant... Pacta sunt servanda.

 Jument malade Kaline6

   Bien entendu, à tout péché miséricorde. Mon propos n'est pas de condamner, mais d'égaliser. En terminant, je voudrais faire naître en vous un sentiment complexe de mélancolie, d'injustice, et, je ne sais comment, de paix. Je l'ai éprouvé ce matin à la lecture d'un "filet", un petit texte insignifiant et dramatique de "La Libre Belgique" de ce 31 mars.  "Kristelle frise les 18 ans. Amoureuse de Fidji, belle jument de manège un rien plus jeune, elle économisait depuis longtemps pour réaliser son rêve le plus cher : offrir la pension à sa chérie. C'est le top pour un cheval qui a beaucoup trimé : des vacances sans fin, en prairie avec trois ou quatre congénères aussi gâtés. Enfin, l'achat s'était fait. On avait ri, fait sauter un bouchon, câliné Fidji. Et, samedi, c'était le grand jour : au pré ! Mais, emmenée d'urgence la nuit venue à la clinique équine, elle y est morte - révolte, criaient les cœurs ! -, malgré l'amour de Kristelle, dans les bras de ceux qui tentaient de la sauver. Chienne de vie. " Le (ou la) journaliste qui signe R.P. ce beau billet a du cœur, de la tendresse, et l'humour noir qu'il faut pour vivre. Dans cette histoire, me dis-je, il n'y a pas que la jument qui est morte, mais la jeunesse, mais la confiance. Pas la foi, pourquoi donc ? 

25/03/2009

Celui à cause de qui

anonymat2

 

     J'ai bien pris conscience, à mesure que, cahin-caha,  je joue ce rôle d'Ephrem en vieillard noble plutôt qu'en jeune premier, que les idées que je défends sont moins  désincarnées, moins intemporelles que je n'eusse pensé jadis. Qu'elles ne cherchent pas à dire la vérité certaine dans l'absolu, mais une certaine vérité. Elles ont un  fondement : ma propre vie. Une limite aussi : mon expérience toujours. Pour qu'elles soient bien comprises du lecteur, dans le champ de vision exact où elles étaient pertinentes et pouvaient éventuellement "faire du bien", j'ai été amené assez vite à produire un récit autobiographique de plus en plus franc, qui n'est pourtant pas ce que j'ai à dire, mais ce à cause de quoi, Celui à cause de qui je m'exprime - avec conviction. Avec honnêteté aussi. Partant de là, ne devrais-je pas être hostile, dans la blogosphère, à l'anonymat et au jeu des pseudonymes ? Pourtant, je n'y fais pas d'objection. Parce qu'en dehors des vedettes, le nom n'est qu'un identifiant, pas un signifiant. Ce qui "signifie" un homme, c'est d'abord l'époque et le lieu "d'où il parle" : cet espace de langue, de culture, de pensée, de livres, de plaisirs, de faims où il se meut. Dans l'idéal, c'est là que le lecteur doit être conduit par l'auteur, et tout est dit si et quand surgissent dans le lecteur les pensées dont l'auteur se fait l'interprète. Il n'est donc jamais question, à mon sens, pour un responsable de blog, de "se faire des amis" comme dans Facebook, mais plutôt de participer symboliquement au partage planétaire (!) et, si possible, cordial, de la parole. Comme on s'astreint à donner systématiquement  l'euro-bonjour journalier aux assis par terre dans la rue.

 interpretation

     Echappe-t-on ainsi au risque de la méprise ? Non. De ce risque, Dieu même est victime dans notre lecture de l''Ecriture sainte où il S'expose.  "Parole de Dieu", doit-on  dire après chaque lecture biblique, à  la messe. Encore que... Récemment j'ai entendu une lectrice contester ce rite au Curé qui lui rappelait la formule liturgique. - Non, je ne peux pas dire ça. -  Vous avez tort : c'est vraiment la parole de Dieu - Non : c'est la parole de Paul, dans une lettre, c'est même dit au début ! Sourire...) Pour l'heure, posons qu'il y a comme un blog divin, pour nous, chaque dimanche... Et que cela nous invite à des commentaires familiers.

230108_avortement_big.

 1.Dans la première alliance, Dieu ne parle qu'à travers des hommes frustes et violents, en épousant fatalement leur mentalité tribale. Dimanche dernier, ce Dieu inspirait donc le merveilleux psaume 137 (136) commençant si poétiquement: "Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ; aux peupliers d'alentour, nous avions pendu nos harpes". Oui, mais la fin, le dernier verset, heureusement qu'il avait été censuré dans la lecture publique. Parce qu'il avait beau être inspiré, lui aussi, ce n'en était pas moins une imprécation digne d'alerter Amnesty International et de troubler les ligues contre l'avortement: "Fille de Babylone, promise au ravage, heureux qui saisira tes nourrissons pour les broyer contre le roc !"

ps_chemin_x_03_i 

   2.Dans l'Evangile qu'est la nouvelle alliance, est-ce vraiment Dieu qui parle ? Oui, c'est la voix de Jésus, le Christ, Fils unique : c'est le Verbe de Dieu qui nous est livré. Reste que vous et moi n'étions pas là pour l'entendre: nous n'en avons aujourd'hui une idée qu'à travers les mots (plutôt la traduction grecque des mots) que Lui attribuent quatre évangélistes, voire les cercles d'amis de ces quatre, dans une rédaction tardive de trente à septante ans après les faits.

     3. Après Jésus, Dieu a parlé par... par nous. D'abord par les apôtres, le plus significatif étant Paul. Mais tous les baptisés, du plus humble au plus grand, forment un peuple de "prêtres, de prophètes et de rois" - voyez la liturgie du baptême. Tout baptisé qui prétend parler du Christ "en vérité" peut le faire, doit le faire. Sans peur, sans gêne, sans orgueil. Seulement en prenant soin, d'une part, d'affiner son expression afin qu'elle soit aussi limpide que possible, et d'autre part de relativiser cette expression, afin qu'elle n'emprisonne pas Dieu. Il suffit qu'elle amène chaque lecteur à trouver l'expression qui lui convient à lui, fatalement autre, mais nécessairement juste si c'est une Bonne Nouvelle. Car on reconnaît l'authenticité aujourd'hui d'une Parole de Dieu à sa bienveiilance, au bonheur qu'elle génère.

20:40 Écrit par Ephrem dans Web | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

20/03/2009

Eunuques

plonger

 

 

     Avec les meilleures intentions du monde, il y a une façon de parler de la continence, à savoir de l'abstention volontaire du plaisir charnel, qui pousse les gens normalement sexués, les adolescents, les jeunes, les plus tout jeunes, les mûrs, et parmi eux surtout les pauvres, les mal fichus, les mal-aimés, les pas de chance, les oubliés, ou encore les nerveux, les rebelles, les artistes, à s'abîmer dans de bienfaisantes débauches, puisque c'est le mot, paraît-il, allons-y. Mais s'abîmer n'est nullement se détruire, c'est se jeter d'un sommet, Cliché Têtu Paroumanou3c'est plonger dans la volupté, cet océan... Je ne songe pas ici aux orgies, où l'invité d'honneur est la cruauté polie, et qui sont plutôt organisées par et pour des intellos difficiles. Je parle de ce plaisir qui s'offre aux pauvres pour rien. Ce que la nature donne encore à ceux que la culture a privé de tout, quand elle n'a plus rien d'autre à donner, quand tout le reste est devenu difficile - manger, dormir, travailler, vivre, à cause des sociétés libérales et de leurs règles totalitaires.

 obéissance

... Est devenu difficile pour une autre raison. Religieuse (la religion conjugue étroitement la liberté et l'impérialisme). Parce que ceux qu'on a pris comme guides, ceux auxquels on s'est confiés  pour avoir une perspective de foi, un modèle de vie, les moralistes, les pasteurs, les savants s'avèrent des ingénus qui parlent sans savoir. Ce n'est pas qu'ils soient méchants, mais Ils n'ont pas souffert, ils n'ont manqué de rien, ils ont toujours su et n'ont donc rien appris. Gérer le peu de concupiscence dont ils furent doués un temps fut souvent, pour eux, commode : dans l'opulent contexte européen où ils étaient, en Bavière par exemple, leurs parents donnaient le bon exemple, il y avait déjà dans la famille deux ou trois parents consacrés, prêtres ou religieuses, les bourgeois pieux vivaient aisément en paix comme on dort. Ce qui comptait, c'était les bonnes habitudes, le savoir estampillé par les bonnes notes, l'obéissance, puis les bonnes places, prélat, évêque, pourquoi pas ? Ah ! les beautés des marbres, des ornements, les bons mots, et la rassurante liturgie tournant comme un manège. Rien d'autre ? Ben non, beaucoup sont des eunuques par nature, qui croient être devenus tels parce qu'ils ont choisi le Royaume des Cieux (Mt,19,12), mais non, ils n'ont même pas idée de ce qu'est la puissance du sexe, ils n'ont de couilles qu'en esprit car ils aiment en esprit ça veut dire en imagination. Ce ne sont plus des hommes entiers mais de gros chats ronronnant dans leur fourrure blanche. Des ecclésiastiques sifflant entre eux une bonne bouteille d'avant la guerre, en disant, en pensant que ça vaut tous les plaisirs...

retroviseur-1151432357-1254007 

      A l'âge que j'ai, vous n'attendez pas que je donne un avis personnel sur le meilleur moyen de maîtriser sa sexualité, sans renoncer à ses bonheurs. La mienne s'en est allée, tout doucement, avec les années, bye bye, je la voyais partir, j'ai gardé d'elle un très doux souvenir, doux et sauvage aussi, mais doux d'abord, doux enfin, et puis c'était fini. Mais il n'est pas mort, le souvenir. Je me souviens de toi tous les jours, Bruno. Tu me dis que, de la part d'un pape occidental de 80 ans qui respire la santé, l'intelligence, la sûreté de soi, et la richesse, prêcher la continence aux foules d'Afrique, juvéniles, affamées, en proie aux ravages conjugués du sida et de la guerre, c'est savoir qu'on les contamine, c'est vouloir les contaminer. Car ces foules dûment catéchisées vous croiront, c'est le pire ! Sauf cas rarissime, elles ne changeront rien à leur conduite, naturellement, car elles sont soumises par leur pauvreté au puissant soleil de l'instinct, - et ensuite elles se sentiront coupables. Mais que vous importe, n'est-ce pas ? Vous, vous aurez fait votre devoir.

 Photo récente Le Monde

Votre devoir, monsieur le Pape, c'est de prier. De réfléchir au scandale que vous causez par votre intransigeance partout et même chez les vôtres, depuis plusieurs de vos évêques jusqu'à vos laïcs fidèles qui grognent. D'avoir un dialogue plus courageux, moins craintif, avec le Christ dont vous vous dites le vicaire (en réalité, c'est de Pierre que vous tenez la place, mais si vous avez une ambition plus haute, tant mieux). Et de remettre sur le chantier du réalisme la quasi-totalité de l'enseignement ecclésiastique sur le sexe. Paul VI en a empêché le concile, il a voulu savoir tout seul. Hélas. Corrigez-le, monsieur le Professeur : corrigez-vous.  

13:54 Écrit par Ephrem dans Foi | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

15/03/2009

Juifs et Grecs

     J'avais parmi mes vrais amis un médecin français, généreux, chrétien, breton. Disons "Yannick". La vie nous avait éloignés, nous nous étions finalement perdus de vue, et voici qu'à une occasion saisie  aux cheveux par l'un et par l'autre, nous nous sommes revus.

bretagne01030uv7 

     Par tempérament, Yannick est une nature passionnée. Malgré des dons naturels évidents, pysiques et intellectuels, il n'a pas eu beaucoup de chance dans sa vie affective et sexuelle. Dans sa jeunesse où je l'avais connu, pas mal de ses liaisons avaient été tourmentées. En plein conflit ou après ruptures, il n'accablait jamais ses partenaires de reproches. Sa générosité là-dessus était sans égale : ce roi de cœur ne se transformait jamais en valet de pique, dût-il être lui-même traité comme Lear. Marié jeune à une dame de carreau, dont il eut deux filles éduquées avec une attention, une liberté et une tendresse constantes, il divorça après vingt ans de vie 1778767152commune. Et s'installa à Paris. Ensuite ni lui ni elle ne "refirent" vraiment leur vie dans une nouvelle union. Pourtant, après quelques années d'essais infructueux ici et là, dont une ultime aventure romantique et violemment charnelle avec une très belle Odette de Crécy, "qui pourtant n'était pas son genre", Yannick se mit en ménage avec une femme paisible, jolie, discrète. Une femme divorcée, son mari l'ayant abandonnée avec leurs deux garçons. Bref, une famille recomposée.

 

- "Comment vas-tu ?" demandai-je brusquement, au café, après un délicieux repas dans le resto où nous étions. "Je vois que tu es en bonne santé, dans la maturité vigoureuse et le succès social. Mais comment vas-tu dans ton cœur ? Si tu me permets...

- Très bien. J'ai cessé d'aimer. J'ai la paix.

- Dieu ?

- Fini.

- Et la femme avec qui tu vis ?

- Je l'apprécie, je ne saurais me passer d'elle. Elle est gentille. Mais on ne peut pas se parler. On n'a rien en commun. Oui, j'ai cessé d'aimer, et du coup j'ai cessé de souffrir."

Silence.

 Cathedrale St Michel BXL

   L'extrait de la lettre de Paul lu ce dimanche matin à St Michel (1Co 1, 22-25) était superbe sur le plan rhétorique, et une fois de plus, après l'avoir bien travaillé, relevant tous les parallélismes, je me suis dit qu'on ne le comprendrait pas ; que moi aussi, d'ailleurs, qui le préparais, je ne le comprenais pas. Pas que ce soit mal exprimé, obscur, mais le contenu... La torture choisie comme signe divin, comme pouvoir divin...

 

     En substance, et en transposant bien l'opposition les juifs/les grecs : les croyants de toutes les religions demandent des miracles, à Lourdes, à Rome, à La Mecque. Les incroyants, eux, qui savent bien l'ambiguïté, la dangerosité possible, la polysémie du concept comme du fantasme "Dieu" dans l'imaginaire des hommes, demandent une sagesse, un art de vivre et de penser, tels l'épicurisme, le stoïcisme, l'agnosticisme, voire le bouddhisme. Et nous (dit Paul), nous, les chrétiens, nous arrivons avec - comme "miracle" et comme "sagesse" - un "Messie Crucifié"  ! Mais cet esclave exécuté, ce minable s'offrant aux coups, c'est un scandale pour les théistes qui veulent de la puissance pour croire, et c'est une sottise pour les athées qui veulent de la rationalité heureuse pour adhérer.

 esclave

     A ce moment l'apôtre autoproclamé (c'est Paul que je veux dire : on lui a tellement reproché ce titre qu'il revendiquait, le pauvre, pour appuyer son autorité un peu partout contestée - au point que l'on a parlé d'une "passion de Paul", ai-je lu chez le Cardinal Martini) ajoute un dernier mot explicatif. Le scandale qu'est l'impuissance du Messie en croix, et la folie qu'est le renoncement à soi que ce Crucifié réclame et dont il donne l'exemple, sont, vus comme actes de Dieu,  vraiment de la puissance et vraiment de la sagesse. Le texte lu à l'ambon s'arrête ici. Mais à  lire la suite, on vient à bout du paradoxe. Nous ne nous sauvons pas, nous sommes sauvés ! C'est Dieu qui agit en nous, qui aime en nous. Puissance : la Résurrection en témoigne. Sagesse : une vie n'est une vie "réussie" qu'à proportion de l'amour qui s'y déploie.

 pape_mur

   Je repense à mon ami Yannick. Accepter d'aimer, c'est accepter de souffrir, en effet. Il le sait, il le dit, et il en a marre. En avoir marre, quelquefois, est-ce que je ne comprends pas ça ? Oui, oui, ça m'est tellement arrivé. - Autour de nous, ces temps-ci, la volonté s'exprime beaucoup qu'autrui soit sage et puissant. Que le philosophe Joseph-Benoit, excellent épistolier quand il écrit familièrement à ses frères, ait désormais plus de sagesse, se méfiant davantage des voleurs de mitres et des collectionneurs d'antiquités ! Et que les petites brésiliennes violées dès six ans et portant à neuf ans le fruit du péché des autres, aient plus de pouvoir pour mener à bien leur propre vie. Mais cette sagesse-là et ce pouvoir-là, je sais : c'est au prix de la croix propre à chacun, acceptée sans cri par chacun, à la suite du Christ, qu'ils s'exprimeront.

19:00 Écrit par Ephrem dans Foi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

12/03/2009

Sainte humanité

heretique4

     Que dire à cet "Etienne" inconnu, spécialisé en dogmatique et en convenances ? Qu'il me fait penser à un "Jacques" tout aussi mystérieux, qui, sur mon blog du 12 octobre, fustigeait déjà comme "déplaisant" le ton qui était le mien. Le mal a seulement empiré, ce ton est aujourd'hui "hautement déplaisant". Au fond, c'est la manière légère et heureuse dont je me meus dans la foi chrétienne qui doit chagriner ce pauvre homme. Le mélange dans mon cœur et mon style de l'adhésion passionnée, de la liberté critique, et du savoir classique, avec des piments d'humour souvent bénin, rarement féroce. - Mais cher Monsieur, qui continuez à me  tutoyer comme si nous avions été élevés au même lait (vous n'êtes pas jéz, j'imagine, ou alors bas le masque), rayez-moi donc de vos sites favoris, je suis indigne d'y figurer. Voyez : là-dessus au moins, je me vautre dans l'abaissement et le mépris de soi dont vous semblez faire votre vertu cardinale.

 samaritain pt29416

     Merci à toi, Jean-Matt, qui es venu à mon secours avec la vigueur et la pertinence de l'amitié qui nous lie depuis cinquante ans, et dont j'ai déjà parlé dans "Horace et Virgile" puis "Mon jumeau prêtre", en septembre. Dommage que tu n'aies pas précisé que ton destinataire était le commentateur qui te précédait, et non moi : plusieurs parmi mes proches, qui te connaissent moins, ont cru que tu me condamnais, abusés aussi, sans doute, par ta signature trop elliptique "jm". Voilà un quiproquo heureusement rectifié.

 ND de vie

     Marie, je suis très, très touché par votre long commentaire rédigé dès votre retour de Reims. Il va bien au-delà du soutien amical que j'espérais. Vous avez clairement perçu l'enjeu de ce portrait.

     Nous sommes tous des hommes. Jésus était l'un de nous, et c'est à partir de lui que nous sommes rattachés à Dieu, que nous sommes divinisés. La plupart des religions sont théocentriques : elles tendent à s'abîmer devant une divinité toute puissante, à laquelle l'homme est invité à sacrifier ce qu'il faut pour se concilier ses faveurs ; d'où le grief d'aliénation fait par les divers athéismes aux diverses religions. L'histoire d'Isaac fait partout scandale. Mais le christianisme est anthropocentrique. Ontologiquement, Dieu précède l'homme, bien sûr ; l'Etre nécessaire l'emporte sur les  êtres contingents et provisoires que sont les hommes... (non, non, pas provisoires, plus provisoires, à cause de Jésus !) Mais épistémologiquement, pédagogiquement, évangéliquement, c'est par la personne de Jésus de Nazareth que nous connaissons vraiment Dieu, que nous nous approchons de Dieu, que nous nous accordons à Lui, que nous L'adorons sans en faire l'idole castratrice qu'Il n'est pas. La "sequela Christi" (le flamand navolging est plus juste que le français imitation) est le seul chemin à prendre... Et à suivre jusqu'au bout. Il ne faut spolier Jésus d'aucune de ses caractéristiques humaines. Il ne faut pas que certains rites plus adulateurs qu'adorateurs, comme la messe dos au public, tendent à le séparer de sa croix humaine, si humaine - o crux ave spes unica. Il ne faut pas remplacer la glorification de Pâques par celle des Rameaux.

catechumene 29._Temoignage_d_un_catechumene 

La réception du Christ par l'humanité s'est faite dans l'Histoire des hommes, aussi bien le mouvement d'acquisition de la foi chrétienne par les peuples avec les missions, que la sanctification individuelle : l'immersion baptismale de chacun dure toute la vie. C'est pourquoi nous parlons perpétuellement de conversion, de catéchuménat, de montée vers Pâques, voire de nouvelle naissance. Mais pour ne pas se perdre dans nos fantasmes et nos habitudes, pour garder le contact avec l'Esprit qui nous guide, il faut vivre de la vie de Jésus, telle que ses voisins ont pu la voir, et telle qu'elle a été racontée... Les "Exercices spirituels" d'Ignace de Loyola, dont l'ambition est d'amener les hommes à s'enrôler sous la bannière du Christ, se consacrent entièrement, après un début destiné à faire "sentir" l'horreur intrinsèque du péché, à la méditation, mieux: la contemplation, comme dit Ignace, des grands faits de la vie de Jésus. Avec le concours résolu pour chacun de son propre imaginaire : ce qu'il appelle la "compositio  loci". Humanité toujours. 

17:41 Écrit par Ephrem dans Epreuves | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

05/03/2009

Jesus, à la base...

Jesus, n'est-ce pas...

 

 

 

 

 

     Celui qu'on appelle Jésus de Nazareth a vécu en Palestine de l'an 7 avant J.C. au 7 avril 30 (ou 33) où il est mort crucifié, à Jérusalem.

                 Possible qu'il soit né à Bethléem, mais pas sûr. Il appartient sans doute à une famille nombreuse, ayant au moins deux frères et deux sœurs. Son père Joseph meurt quand il est jeune. Sa mère Marie, qui lui survivra, sera l'objet de rumeurs. Vilipendée, ou portée aux nues.

                 C'est un Juif banal, appartenant sans doute à la secte des Pharisiens, qui sont des gens pieux, attachés à la Loi, mais sans extrémisme comme les Esséniens; des gens paisibles, soumis aux Romains, sans les combattre comme les Zélotes, et sans collaborer avec eux comme les Sadducéens. Il croit à la résurrection des morts - je ne dis pas: des corps. Ça veut dire pour lui que Dieu ne laisse pas les Siens pourrir ou vivre au rabais dans le Shéol.

                 Il se sait autre que les autres, et appelle Dieu son «Papa», mot quasi ridicule qu'aucun autre prophète, jamais, n'a osé utiliser. Pour autant, il ne se croit pas Dieu. « Evidemment ».

                 Un an ou peut-être trois avant sa mort, il entre dans le mouvement baptiste de Jean, et baptise à sa suite. Puis un jour il «se met à son compte». Il se choisit alors des délégués, douze, parce que ce chiffre fait sens à cette époque ; mais il a d'autres disciples, des femmes, des hommes, qui le suivent, ou qui le reçoivent chez eux, dans toutes les classes de la société et dans tous les partis (il y a au moins un Zélote et un Sadducéen, comme qui dirait un homme du Hamas et un fonctionnaire d'Israël).  Il est doté d'un pouvoir extrême de séduction, lié à sa parole plus qu'à son apparence. Il vit bien, "mangeant et buvant", au point qu'on l'appelle un ivrogne et un fêtard.

                 Il se brouille avec sa famille. Et avec son milieu, dont les Pharisiens.

                 Il reste probablement célibataire, mais multiplie les contacts inconvenants. Il se confie préférentiellement à des femmes en marge. A des lépreux. A des étrangers. A des Romains. A des enfants, à cette époque objets de mépris.  Il annonce pour imminente la venue du «royaume de Dieu» dans la phraséologie du temps, qui est fantasmagorique.

                 Comme Jean-Baptiste et les autres prêcheurs, il fait des «miracles», mais sans plaisir, comme à regret, en s'en irritant et en s'en cachant. Ce sont quasi toujours des guérisons. Quand on veut le faire roi, il se défile: son royaume n'est pas de ce monde. Personne ne le comprend.

                 C'est qu'il raconte beaucoup d'histoires, un peu obscures, paradoxales. Il exagère souvent. Il ment aussi parfois, par précaution (disant qu'il ne va pas à Jérusalem et, les autres partis,  y allant).

                 Il parle avec dédain du Temple. Relativise la Loi. Va jusqu'à présenter son autorité comme supérieure à celle des prophètes qui l'ont précédé. Le Dieu qu'il annonce, qu'il «montre en se montrant», est un Dieu bienveillant, amoureux, caché, qui retarde sa venue.

                 Il sent autour de lui monter la haine, et venir la mort. Il tremble, exprime de la terreur, mais fait front. «Abba, que ce calice passe loin de moi; mais que ta volonté soit faite et non la mienne.» Il est crucifié; ses disciples, que l'issue déçoit et effraie,  le trahissent et s'enfuient; il promet à son compagnon de croix de le faire entrer avec lui dans son royaume. «Aujourd'hui». Et il meurt.

                 Le troisième jour, son tombeau est trouvé vide par des femmes, qui le racontent et qu'on ne croit pas. En même temps, ses anciens disciples font «l'expérience» qu'il est vivant. Qu'il a changé aussi, car, chaque fois, ils commencent par ne pas le reconnaître. Il y en a même qui le "reconnaissent" sans l'avoir jamais vu avant, comme Paul. Ça dure un petit temps. Puis c'est fini.

                 Les disciples, et Paul, se retrouvent transfigurés. Voilà que ces hommes jusque là mesquins se surpassent. Ils se mettent «en église» pour annoncer la bonne nouvelle qu'ils tiennent de Lui, qu'ils mettent en discours grâce à Paul, plus érudit, puis en textes narratifs. Ils se disputent beaucoup, mais, quittant Jérusalem et le petit monde où Jacques, le frère de Jésus, veut faire fructifier l'héritage inespéré, vont à Rome et ouvrent toutes grandes leurs portes. Le monde va changer. 

09:30 Écrit par Ephrem dans Foi | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

03/03/2009

O Dieu, faites que...

taize2

 

     Parmi les jeunes gens de Taizé qui m'ont fait la joie d'user de mon hospitalité il y a deux mois, l'un, Julio le Colombien, résidant en France, m'a singulièrement remué. Il avait été frappé par le récit d'un jeune co-pèlerin africain, expliquant comment, dans son pays, un sorcier animiste, lorsqu'il est en transe au milieu d'un grand concours de foule, marche sur des braises ardentes sans être brûlé.  Julio faisait le parallèle avec Jésus marchant sur les eaux. J'ai bougonné, en récusant l'analogie : la caractéristique des signes propres à Jésus est qu'il semble les faire à regret, qu'il demande le silence sur eux, qu'il donne parfois l'impression d'en récuser la propriété, disant au bénéficiaire : c'est ta foi qui a fait cela : te guérir, lépreux ; marcher sur l'eau, Pierre. Pour Julio, venant d'Amérique latine, mon propos était, disait-il, inouï.

 mer rouge ds les 10 commandements

     Je suis de ceux (on en reparlera ?) qui ont, devant les « signes et les prodiges » divins, antérieurs ou postérieurs à la  vie de Jésus, et même contemporains de cette vie-là ! un mouvement de recul. Toute l'aventure de la mer Rouge, tant rappelée par la liturgie chrétienne elle-même, est pure légende, selon les Egyptologues qui se disent pourtant couverts d'archives pharaoniques du 2e millénaire avant JC. Et au 2e millénaire après Lui, les apparitions de la Mère de Dieu pour dire aux enfants de Beauraing « d'être bien sages » (2 décembre 1933)(ben oui, c'est le tout premier message, fait deux fois le même jour) me paraissent des moqueries sacrées  quand on sait que le Ciel, qui est censé intervenir ainsi dans la mécanique mondiale et balayer le jeu minutieux des causes secondes, restera coi, dix ans après, à Auschwitz. Ou cinquante ans plus tard au Rwanda - quand des catholiques dont des prêtres se conduiront armenian_genocide_turkey_largecomme des bouchers.  Ce n'est pas que je sois moins porté qu'un autre à demander à Dieu de se manifester. C'est que ma vie reste marquée par l'expérience intime narrée ici naguère et par mon adhésion sans faille au mystère chrétien de la passion et de la résurrection du Christ : « ... lui qui, de condition divine, n'a pas considéré comme un « avantage » (harpagmos, en grec) d'être l'égal de Dieu, mais s'est dépouillé, prenant la condition du serviteur, devenant semblable aux hommes, et, par son aspect, reconnu comme un homme ; il s'est abaissé, devenant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix.»  (St Paul aux Philippiens, 2, 6-8 ; je cite ce texte béni parce que les biblistes y voient un hymne chrétien encore antérieur à Paul). Quand Dieu est sur terre, il est toujours avec les victimes. Gazé à Birkenau, tué à la machette à Kigali, en attendant d'être, à Guantanamo, roué de coups, et noyé aux portes de l'Europe. Je n'oublie pas, placardé avec eux et parmi eux, ceux dont mon camarade parisien, Christian,  fait l'amère chronique.

 résistance

     Quant aux « miracles » du Christ, l'Eglise dite populaire a beau leur attribuer beaucoup d'importance, l'Eglise dite éclairée les perçoit davantage comme des signes ambigus dont il lui revient de trouver le sens. En théologie, elle s'appuie pour cela sur l'exégèse, et la tradition patristique. Ce qui revient à expliquer les textes par leur contexte, scripturaire d'une part, existentiel ou vécu d'autre part. Hors de la théologie sensu stricto, par exemple dans les homélies que vous et moi entendons couramment, il est question d'histoire et de psychologie, conformément aux savoirs modernes. Ah !  l'intérêt des mots névrose et hystérie, quand on les applique à 95 % de la réalité...  Non, je ne me moque pas. Moi aussi, j'ai lu Marie Balmary avec profit.

     Ces jours -là, j'ai donc entrepris d'initier Julio, mon hôte, au Taize e juliogrand mouvement historico-critique auquel notre Eglise s'est enfin ralliée sous Pie XII (1943), - après un siècle et demi de résistance obscurantiste, il est vrai. J'isolais naturellement le signe des signes, le seul « miracle » auquel il faut croire d'une façon ou d'une autre si l'on se veut chrétien :  la résurrection du Christ. Hors de quoi notre foi est vaine et nous sommes de faux témoins (1 Cor, 15, 15, facile à retenir). Julio était si content, m'a-t-il semblé, qu'il m'a fait parler des heures, et mon Dieu ! sur le sujet, j'étais infatigable. J'ai pensé qu'un petit résumé à votre adresse pourrait être intéressant. Vous l'aurez demain. Ou après.

18:12 Écrit par Ephrem dans Foi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/03/2009

Aphrodisiaque

1-GIROUD

 

     Un dernier mot sur le silence où je me suis tenu deux mois, parce qu'il appartient, je crois,  à un autre registre que la fatale déchéance exposée vendredi. Il est relatif à des pratiques que j'utilise dans la vie sentimentale et sociale, dont le silence est censé raffermir les liens. J'en avais appris la « recette », il me semble, chez Françoise Giroud. Coquetterie, cache-cache de journaliste ? Non, aphrodisiaque psychologique. Je  vous en livre les indications, la posologie et même le mode d'emploi, si vous voulez. C'est valable pour bien des engagements, et, en dépit de l'étiquette racoleuse que je lui accole, sans que la sexualité y soit nécessairement mêlée. En tout cas, personnellement, je l'ai expérimenté dans des situations tantôt passionnelles, et tantôt assez banales.

1-interruption mire 

     L'indication majeure, c'est quand surgit un conflit semblant s'aggraver plutôt que se résoudre au fil des jours. Je proposais alors une séparation absolue, un éloignement total. Mais strictement limité dans le temps. « Ne nous voyons plus, ne nous parlons plus, écartons-nous l'un de l'autre. Chacun de son côté. Pour exactement dix, douze, vingt jours, c'est à convenir maintenant. Pas six mois, c'est trop : un semestre permet déjà de commencer, voire de conclure quand les liens sont grossiers, un premier deuil. Mais ce n'est de supporter l'absence qui est voulu, c'est profiter de ses vertus sans succomber à sa cruauté. Donnons à l'absence l'opportunité de nous « saigner », - d'affaiblir nos résistances comme un diafoirus, au pire ; au mieux, de nous adapter à une transfusion altruiste. L'affaire est d'apprendre à sentir ce qui est ôté, perdu, tout en songeant que le vide est provisoire. Car il y a, précisé dès la séparation, certitude du Revoir, au terme fixé, tel jour à telle heure en tel endroit.»

1-eloignement 703159200 

     Ce n'est donc jamais une façon de désaimer. Au contraire : plutôt une façon d'amener les yeux et les cœurs à de nouvelles positions et dispositions, où les points de vue peuvent peut-être  devenir moins incompatibles. Sans doute, là aussi, dans le vide créé, il y a la possibilité que soit ressentie une altérité radicale - mais de ça, ce n'est jamais trop tôt qu'on prend conscience, le cas échéant. Pareillement, dans la vie conjugale, des décisions communes de chasteté temporaire me furent, nous furent, à mon partenaire d'alors et moi, bénéfiques. Les sens mis au régime sont plus subtils. Mais que de métaphores ! Si j'en venais à ma conclusion modeste, matérielle ? Oui, je réintègre cet Espace communicationnel avec, sur le plan de l'esprit et de la linguistique, un taux sain de... disons de testosterone ?

18:00 Écrit par Ephrem dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |