08/09/2009

Cauchemar

VERLINDE, Le parfum, in LABORIT

 

 

      Un an, exactement un an que le monde ordinaire a pris conscience dans l'effroi de la perversité des jeux financiers qui le travaillent, qui le gouvernent ; un an que nous temporisons, tremblons, n'essayant  qu' éviter le pire. Mais ce n'est pas seulement le combat, « le sang et les larmes » qui s'annoncent, c'est le Désespoir. Atone, informulé, obscène. Qu'est-ce qui nous attend de sûr qu'on sache au moins verbaliser, donc tenir à distance ? On ne sait pas. Un malheur est proche, lequel ? « Tout » est possible, et l'on ferme les yeux en attendant le coup. La Belgique est déclarée en faillite virtuelle par un de ses ministres. Licenciements collectifs, produits agricoles vendus à perte, dirigeants d'entreprise, magistrats, politiciens, soupçonnés de corruption, convaincus, puis bientôt auto-amnistiés, avec l'accord de leur clientèle...  Aucun événement qui autorise l'espoir n'est plus rapporté par la presse. A l'étranger, le messie Obama ne parvient pas à mettre sur pied le minimum de sécurité sociale qui ferait des USA un pays vraiment civilisé, et Israël se déshonore tous les jours un peu plus en traitant les Palestiniens comme Moïse fut traité en Egypte. Ajoutez que la Nature n'est plus l'amie de l'homme, quand les climats se désolidarisent de lui, et qu'à la faveur de leur désordre s'avancent, en tapinois, les épidémies, qui se glisseront dans les écoles et les foyers.

 Je fais des phrases ? Oui, mais je ne les aime pas : je les transcris, venues de mon milieu et de moi-même. Je n'exagère pas, hélas. La peur est partout sensible. Sur ce bord de l'Enfer où nous attendons sans impatience d'être précipités, il devient difficile d'"écrire" quoi que ce soit. Beaucoup de blogs se ferment. Même les mots d'amour s'arrêtent dans les gorges. De profundis. 

00:20 Écrit par Ephrem dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Confiance? Mais je vous connais un peu, Ephrem, vous n'êtes jamais désespéré. Et vous êtes un homme de votre/notre temps, qui fait confiance. Certes, vous ouvrez les yeux sur les maux qui s'annoncent mais c'est pour préparer la résistance, et la revanche. "Des profondeurs" où vous dites que nous sommes, comment pensez-vous que nous pouvons sortir ?

Écrit par : David | 08/09/2009

Psaume 50 Je n’annonce pas de maux, David : si je prophétise quelque chose, c’est le salut universel ! Entre deux billets plus ciblés, j’observe seulement ce qu’est devenue la situation économique et sociopolitique, chez nous et dans le monde entier. Où ce n’est pas la météo qui dit « lourd et nuageux », mais les angoisses autour de moi, les petites gens dans les lieux où je vais, les intellos dans les journaux que je lis. Si la tempête se déchaînera, je n’en sais rien du tout. Mais il y a quelque chose que je sais : « Dans la nuit, je T’aime ». En terminant mon billet par [i]De profundis[/i], j’ai supposé que certains lecteurs continueraient tout bas la citation « …[i]clamavi ad te, Domine.[/i] » En français : Des profondeurs, je crie vers Toi, Seigneur. Long psaume, dont les dix versets voient la lumière, progressivement, triompher.

Écrit par : Ephrem | 09/09/2009

Ce fut mon psaume préféré, le seul qui m'est jamais touché. Le seul qui m'est rendu optimiste et qui m'a permis de le rester. Quoiqu'il arrive la vie restera belle !

Amitié Ephrem et je tâcherais de me rappeler de ce psaume dorénavent !

Écrit par : cyril | 10/09/2009

Il m'arrive de penser que nous sommes à bord du "titanic" et que nous dansons avant de sombrer.
Malgré tout, en tant que chrétien, je ne peux qu'espérer, puisque le Christ sur la croix à vaincu la mort et les ténèbres.
Bien à vous !

Écrit par : Elie-Marie | 12/09/2009

Les commentaires sont fermés.