06/01/2010

Aux lecteurs

voeux B & P 2010 

 

     Un mot plus subjectif, à vous mes lecteurs, sur le présent site, aujourd'hui. Pour clore cette période annuelle des douze jours où le monde tourne autrement que d'habitude. Le froid au dehors y est bienvenu, puisqu'au-dedans il y a les feux ouverts. Les cadeaux sont charmants comme des caresses, et quelquefois utiles quand le donateur a d'abord passé de longs moments à s'enquérir, en douce, de vos souhaits, à moins que, prosaïque et l'imagination en berne, il se résigne à vous donner un chèque. Les retours au giron familial d'origine sont contrebalancés par des excursions aventurées au loin, ou dans ces lieux de fête qui diffèrent de l'un à l'autre, selon les goûts et choix intimes de chacun :  comme si, ou parce que, à côte de la famille par le sang, il y a pour chacun une autre famille, par le cœur, par la peau, par l'appel. Quoi d'autre ? En ce temps-ci, les pauvres abondent, et ils sont visibles. Un peu trop, se dit-on méchamment, comme s'ils le faisaient exprès. Leur donner la pièce ne permet pas qu'on se rengorge, mais suffit pour qu'on se tranquillise, « la paix soit avec nous ». Justement la liturgie, avec l'image de Dieu qu'elle propose maintenant, a de quoi nous plaire. Dieu ? Un dieu enfant, imaginez ! Un gamin qui naît pendant un voyage, qui est jalousé par son roi (comme Blanche-Neige par sa belle-mère), qui fuit en Egypte où il s'initiera à la magie (selon un apocryphe), qui grandit « en taille, en grâce, et en sagesse », non sans fuguer comme tout le monde à l'adolescence... A écrire ces choses, je m'émeus moi-même. Je songe à la saisissante formule d'Irénée résumant notre invraisemblable Foi : « Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu ».

 AC 2010

Curieuse décade prolongée, où les hommes s'envoient ce qu'il y a de plus vain au monde : des vœux. Car « l'avenir n'est à personne... » comme disait un des Chants du Crépuscule. Ils sont pourtant, ces vœux, ce qui nous rassemble, et ce qui nous prolonge : signes que nous ne sommes pas enfermés, que notre terrain d'existence est plus large que le champ dont on nous a fait responsables. Là où nous travaillons, ce n'est pas un lopin, c'est le Royaume.

 Antigone

Mon âge est tel que je n'ai envoyé de vœux à personne, sinon à mes morts bien-aimés dont la présence spirituelle m'est constamment sensible. Des vivants, j'ai attendu les messages, et j'en ai reçu. Pas plein de, mais des. ● Autrefois la lettre ou la carte postale était -  avec le téléphone à minuit - la voie normale de communication. Ceux qui s'en servent encore y manifestent toujours, à mon sens, un goût de l'écriture qui  me ravit.● Mais les avatars du service postal sont devenus bien dissuasifs, et puis le progrès, on vit avec, ou on meurt. N'usant pas du Gsm et donc des Sms (pourquoi ? c'est une autre affaire), où pouvait-on me joindre, si on le désirait ? ● Par la voie informatique, naturellement : certains courriels  privés que j'ai reçus dégagent tant de chaleur que je n'y ai pas encore répondu, ils mijotent en mon cœur.

 Fouilles dans le sol

J'en viens à vous, visiteurs de ce blog, avec qui je pense et bavarde depuis deux années pleines. Vous  contribuez à ce flux textuel, cette circulation du sang de l'âme. Avec vous, pour vous, j'essaie de rendre leurs couleurs aux vieilles croyances disqualifiées par l'étroitesse d'esprit, par l'ascétisme chagrin, par l'archaïsme idéologique. Je vous confirme ma proximité, mon attachement, le désir que j'ai d'un échange qui perdure. Pour ça, je dois vous dire comment je vous « vois ». Qui vous êtes dans mon esprit. Comment je vous classe spontanément, à tort ou à raison, en quatre catégories.

  1. Je ne tiens pas pour négligeables les gens qui n'ont ici que des passages intermittents, soit qu'ils n'y trouvent pas le sel, le fruit ou le vin qu'ils aiment, soit que, me connaissant, ils soient trop occupés pour me faire jamais signe : ils travaillent, eux, et considèrent ce site comme un divertissement que je me donne pour occuper mes vieux jours : pourquoi pas ? Je sais bien que la liberté d'avis et de communication que je revendique, ils l'ont en suspicion ; l' « ancien recteur » sait-il toujours maîtriser sa langue... pardon : ses doigts ? Ben, vous verrez bien...

Ihecs NVg 1

     2. J'ai une extrême considération pour ceux qui me lisent avec régularité, sans jamais rien dire, dont je vois le passage fidèle. Leur nombre ne cesse pas de croître, je m'en étonne un peu, j'en tire vanité, j'avoue ! et je songe à eux comme à des paroissiens critiques, amusés, curieux des voies que j'explore sans me distancer de l'Eglise Mère, et très attentifs à mes références. Je ne trahirai jamais leur confiance, pour aucun motif. Ce que je dis ne doit pas toujours être juste, j'en ai conscience (quand même !), mais sur le moment, il faut toujours que « je me croie »,- ou que je me taise. Etre à tous instants véridique n'est pas possible : être vérace l'est. Je le serai, promis.  

3. Il y a encore ceux qui ont eux-mêmes un blog auquel je me suis attaché pour diverses raisons. Parmi eux, il y a surtout le site de Marie, de Cyril, et depuis peu celui d'Etienne, avec qui je me sens dans un incessant dialogue, tantôt formulé, plus souvent sous-entendu. Dialogue critique, vous me connaissez ! Faut toujours que je dise, non pas un « mais », plutôt un « et ça, faut pas non plus l'oublier », ou encore « faut remonter plus haut : le problème est en amont du raisonnement »...

4. Enfin il y a un petit groupe de quelques lecteurs que je connais aussi « In Real Life », et qui m'accompagnent « gentiment » dans cette dernière partie de mon 'pèlerinage terrestre'. Ils ne liraient sans doute pas les blogs s'il n'y avait pas le mien. Eux-mêmes n'en font pas, ou s'ils en ont fait, ils ont décroché. Ils s'en tiennent à la conversation informatique genre facebook, où c'est facile, où on ne fait pas le malin, on n'y est pas forcé, disent-ils. Le blog, lui,  suppose qu'on manie la langue écrite; le blog suppose la littérature, fût-elle sans force ou valeur. Le blog veut qu'on pousse la réflexion au-delà des allusions furtives...  Ce qu'ils font dans leurs commentaires. A Pierre, à Benoît, à Alain Césame, à Palagio, à Jean-Matt, qui ne sont jamais intervenus que pour m'encourager, me tirer d'un mauvais pas, me bénir, que dirais-je, sinon mon amour ?

02:32 Écrit par Ephrem dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

alors ... personnellement, je trouve que la carte des fameux Pierre & Benoit paaaaarticulièrement bien faite ... je ne sais pas pourquoi ... ;-)))

Écrit par : Ben de Liège | 13/01/2010

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