24/03/2010

Prière toute simple

Efrem

 

 

   Comme on rapporte d'une visite à sa voisine une recette neuve, ou, du marché, des fleurs fraîches, je vous offre, après une promenade à travers l'espace électronique, la prière de carême de St Ephrem (ben oui, le diacre Syrien du IVe siècle qui me prête ici son nom). L'Eglise orthodoxe en fait grand usage pendant le carême, en semaine seulement, entrecoupant les strophes de prosternations. Je vous en propose une transposition.  Vous pouvez lire aussi les versions authentiques plus soucieuses de la littéralité originelle :  les voici. Lisez ces dernières avant, ou après la transposition, selon votre type d'esprit. Pour juger, faut lire avant ; pour goûter, faut lire après...

 

                La ré-écriture que j'ai faite et que je propose à usage privé, elle veut quoi ? Eviter, dans l'esprit de celui qui prie, l'indigence imaginaire de ce qui est abstrait, contrepartie fatale de la signifiance pure. Elle consiste à représenter dans une situation concrète (assez générale tout de même) les quatre maux et les quatre biens dont il est question. Soit les maux de paresse, découragement, domination, bavardage, opposés aux biens d'intégrité, humilité, patience et charité.

 meteores

 

Seigneur et Maître de ma vie !

 

Trainailler des heures durant,

Perdre courage devant la vie,

Plastronner devant les autres

Et parler pour ne rien dire :

Evite-moi ça.

 

Mais que je sois intègre, disant ce que je dois,

Et humble, voyant ce que je suis,

Patient, sachant que le monde passe,

Et aimant, ne voulant que l'amour :

Donne-moi cela  -  s'il Te plaît.

 

Seigneur, Prince du seul vrai Royaume,

Ouvre mes yeux sur mes fautes,

Ferme-les sur celles des autres,

Toi qui, seul, est Saint dans les siècles.

 (Prosternation)

 Finistere Bruxelles

[Au moment d'envoyer, je m'avise que l'Orthodoxie pourrait s'offusquer, comme d'une tache de lèvres sur un linge d'autel, de la familiarité avec laquelle le catho étranger que je suis s'approprie cette auguste, cette antique prière : qu'elle me pardonne, comme à la Cananéenne qui mangeait les miettes tombées de la table (Mt, 15, 27)]

Amen.

17:36 Écrit par Ephrem dans Foi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Je trouve intéressante ta version. Et je crois que personne ne peut s'offusquer. C'est une prière personnelle (d'ailleurs celle de saint Ephrem l'était aussi).

Tiens, je me posais une question à ce propos. Les Syriens de différents rites, surtout les Maronites, ont une hymnographie très "éphrémienne". Je me demande s'ils ont retenu cette prière aussi.

Écrit par : Georges | 25/03/2010

Amen !
Très belle prière, merci.

Écrit par : Seb | 25/03/2010

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