30/04/2010

Judas

Suspendu à un fil -  cf Godblog

         Ce sont deux histoires de rien du tout; de quoi pourtant apprécier deux nuances, qui font pour moi comme deux christianismes différents. Deux paroles épiscopales, traduisant l'une et l'autre aux brebis « enseignées » l'unique Parole de Dieu. Telle que la comprennent Nos Seigneurs. Le premier de ces bergers est le Diocésain, seigneur de plein droit ; le second n'est qu'auxiliaire, seigneur de second rang.

 Leo 5

Le Diocésain, on le lit s'épanchant dans le Soir illustré de ce mercredi, page 27. Il se dit « anéanti » par l'inconduite de son confrère déchu, apôtre diocésain comme lui, mais ayant pris, dirons-nous, le chemin de Judas.  « J'ai pleuré tout seul quand j'ai appris qu'il avait avoué.... Je l'ai bien connu, nous étions amis et aimions discuter et rire ensemble. Non seulement je suis choqué, mais j'ai perdu un bon ami pour toujours » (page 27)

Mgr De Kesel 

L'Auxiliaire, j'ai fait plus que le lire, je l'ai entendu moi-même,  à l'office du vendredi saint dont j'ai déjà beaucoup parlé. C'était dans la mini-homélie succédant immédiatement à la lecture de la Passion. Ce qu'il a dit, je l'entends, tout le monde l'entend encore.  « Les pires souffrances de Jésus ne sont pas celles que nous croyons, physiques ; ce n'est pas les clous et la croix qui l'ont tourmenté le plus férocement. C'est le paroxysme de l'amour méprisé... Catherine de Sienne, une mystique du moyen-âge, rapporte d'une de ses visions un mot que Jésus lui aurait dit et qu'on n'oublie pas quand on l'a entendu: « Ce qui m'a fait le plus de mal, c'est chez Judas, et ce n'est pas qu'il m'ait trahi, c'est qu'il ait pu penser que je ne lui aurais pas pardonné »...

Commentaires

Miséricorde Tu ne donnes que le début de cette parole prêtée à Jésus, mais il y a une suite aussi belle, je m'en souviens, j'étais à cet office. "Ce que j'ai fait après de Judas, je ne le dirai pas, pour qu'on n'abuse pas de ma miséricorde..."
Le Dieu que l’on a proposé, enseigné, à toi comme à moi, était miséricordieux, plein d’amour.
Aujourd’hui, le jugement de nos supérieurs ecclésiastiques semble, comment dire, impitoyable…

Écrit par : Pierre | 02/05/2010

Oui, Pierre. Mais j'achoppe sur le mot "supérieurs" que tu emploies. Ni toi ni moi ne sommes des clercs, les évêques et les prêtres n'ont pas pouvoir sur nous. En revanche, si j'étais prêtre ou religieux, je serais consterné par l'espèce de mépris manifesté par les supérieurs pour le sacrement du pardon. Les péchés de l'ex M.de Bruges ont été "remis" en confession il y a 20 ans, je suppose, même si l'expiation est contemporaine. Il y a là un autre scandale proprement ecclésiastique, commis par deux évêques diocésains actuels. C'est navrant.

Écrit par : Ephrem | 02/05/2010

Je trouve ça beau. Sauf que ... car il y a toujours un "mais" qui se cache embusqué. Je ne comprends pas la fin de la phrase citée par Pierre. J'ai l'impression qu'elle contredit le début. Pourquoi Jésus ne voudrait-il pas qu'n'on abuse pas de sa miséricorde ??

Bien à vous deux !

Écrit par : cyril | 08/05/2010

Abuser, c'est pas recourrir souvent, en dépassant toute norme, en exagérant, c'est mettre hors d'usage, détraquer. Par exemple considérer Dieu comme une machine à pardons, un Objet sans coeur, une Loi. Le Xt te pardonne toujours, quoi que tu fasses ou que tu dises, mais [ya-toujours-un-mais] si tu n'as rien à foutre du pardon, si tu t'en sers comme un truc automatique où ton coeur n'est pas impliqué, ça ne marche pas. Le danger, c'est pas que Jésus en ait assez d'oublier nos fautes, c'est que nous ne les voyions plus. Ou plutôt que nous ne Le voyions plus, Lui.
Bises.

Écrit par : Ephrem | 08/05/2010

Merci pour cet éclaircissement que je n'avais pas un instant vu comme ça !

Écrit par : cyril | 08/05/2010

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