08/05/2010

Cette ordure...

Mechanical Pig, de Paul McCarthy

  Je crois en l'homme, cette ordure,

Je crois en l'homme, ce fumier, ce sable mouvant, cette eau morte.

Je crois en l'homme, ce tordu, cette vessie de vanité.

Je crois en l'homme, cette pommade, ce grelot, cette plume au vent, ce boutefeu, ce fouille-merde. Je crois en l'homme, ce lèche-sang.

Malgré tout ce qu'il a pu faire de mortel et d'irréparable,

Je crois en lui.

Pour la sûreté de sa main, pour son goût de la liberté, pour le jeu de sa fantaisie.

Pour son vertige devant l'étoile,

Je crois en lui pour le sel de son amitié, pour l'eau de ses yeux, pour son rire; pour son élan et ses faiblesses.

Je crois à tout jamais en lui

Pour une main qui s'est tendue, pour un regard qui s'est offert. Et puis surtout et avant tout,

Pour le simple accueil d'un berger.

C'est un poème de Lucien JACQUES, un écrivain pacifiste mort vers 1960. Texte célèbre sous le titre de "Credo"

23:58 Écrit par Ephrem dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

Encore un texte où je me reconnais cher Ephrem ! Bonne journée à vous :)

Écrit par : cyril | 09/05/2010

Il y aura bientôt 4O ans que tu nous récitais ce poeme et tant d'autres... Tu ne les lisais jamais : ils sortaient de toi par le coeur. Et nous, adolescents, nous les recevions comme une source vive. Et moi je fermais les yeux. Et je les apprenais pour les faire vivre en moi. Et puis, parfois, je pleurais de bonheur quand ils étaient devenus une part de moi. A tout jamais. Merci pour cela.

Écrit par : cesame | 10/05/2010

Il n'y a pas que les anciens élèves qui apprécient ce texte. De très anciens amis aussi.

A Cyril, à Césaire comme aux autres j'ajouterais, prosaïquement que la ligne de partage entre le bon et le mauvais traverse d'abord le coeur de l'homme.

Écrit par : Palagio | 10/05/2010

A nouveau un texte fort, déroutant et finalement appaisant. Merci pour ta lucide instruction.

Écrit par : Ben de Liège | 13/05/2010

la sureté de sa main Merci à vous tous, tous, si gentils. Chacun des quatre, je vous lis comme je vous aime, avec tendresse, parce que les vieux ça pleure comme les nuages, c'est fait d'eau, de vent, et des poussières du passé...
Observez, dans le poème, que les traits négatifs donnés en premier lieu sont plutôt des insultes vagues, et que les traits positifs sont précis. Le vertige devant l'étoile, c'est le trouble qu'a tout homme devant la transcendance.

Écrit par : Ephrem | 18/05/2010

Et que "du fond des ruelles étroites que les étoiles semblent belles". Merci Ephrem de la douceur de tes mots

Écrit par : cesame | 19/05/2010

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