26/05/2010

De génération en génération

100523 007 Dîner

 

     

     Ce dimanche de Pentecôte, « Tom », le dernier de mes petits-neveux recevait l'Esprit-Saint. Le voilà confirmé dans la foi catholique que Dieu semble avoir donnée à presque toute ma famille. Pourquoi ? Serait-ce par grâce héréditaire, comme Israël ? En riant, j'ai posé la question, tout haut devant lui, - je le lui ai même demandé... « Sait-il que Dieu est l'Eau pure qui nous apaise quand mille soifs nous brûlent ? Que Dieu, parmi les ombres où nous pouvons nous perdre, est le rayon de soleil qui réoriente ? » - « A quelles conditions ? » a-t-il alors demandé, pratique, en fils de ce siècle où tout se mérite. - Aucune. Tout est pour rien. Dieu aime pour rien. C'est Sa substance. La chance qu'on a, que tu as, c'est de le savoir. A ton baptême en 1998, ton oncle Pierre et moi avions écrit, à l'usage de ta mère qui l'avait sollicitée, une prière qu'avec son mari elle puisse dire sur ton berceau. En voici des passages que je reconstitue.

 100523 012 Tom

 « Seigneur, que Tom s'épanouisse dans la double hérédité que nous lui avons  donnée, à travers l'éducation que nous lui donnerons.  ● Que nous, ses parents, sachions croire en lui, pour qu'il soit capable de croire aux autres. ● Que nous le laissions grandir, c'est-à-dire devenir peu à peu indépendant : assez lucide pour admettre ses faiblesses, franc pour les avouer ; assez intelligent pour les dépasser,  courageux pour se surpasser.● Solidaire des petits, des exploités, des minorisés, qu'il n'oublie pas, là-dessus, que les désirs ne remplacent pas les actes. Qu'il ne se trompe jamais de camp, et se place avec ceux qui donnent plutôt qu'avec ceux qui prennent; avec ceux qui servent, plutôt qu'avec ceux qui se servent; avec ceux qui partagent, plutôt qu'avec ceux qui exploitent. ● Nous ferons en sorte qu'il Te connaisse, Toi, et Jésus le Fils que Tu as envoyé pour notre salut. Qu'il prenne conscience de Ta présence toujours aimante, de Ton soutien par-delà toute épreuve. Révèle-Toi à lui, avec clarté ou obscurité, selon tes desseins, que Ton règne en lui arrive et que Ta volonté sur lui soit faite, parce que notre discours sans Ton concours sera débile, et nos exemples sans doute médiocres. ● Finalement, puisse-t-il être convaincu, avec Beethoven, qu'il n'y a pas d'autre supériorité dans ce monde que la bonté; et, avec saint Jean, qu'au soir de sa vie, - dont aujourd'hui nous célébrons l'aube - il ne sera jugé que sur l'Amour.

A douze ans de distance, je vois bien les travers de pareille prière, naïve et trop habile. Mais voilà : Tu nous prends comme nous sommes, hein, Seigneur!

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