12/06/2010

Dieu ton père et puis les enfants

Evreux95

 

    

        Entendu hier soir, sur France 3,  Mgr Jacques Gaillot. Il venait gentiment, comme tout le monde, mêler  « Vie privée et vie publique » sur le plateau de Mireille Dumas, qui en était ravie. Le spectateur a dû s'intéresser d'abord à Nana Mouskouri, non pour apprécier sa voix mais juger avec la chanteuse combien ses énormes lunettes ont pu l'aider à se faire entendre (!), c'est-à-dire à s'accepter physiquement comme Dieu l'a faite et comme elle n'avait pas aimé. Ensuite, la parole à l'ancien évêque !  Je l'ai beaucoup aimé, celui-là ; et c'est avec autant de gratitude que de curiosité que j'ai reçu sa prestation.

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   Il a peu changé. Physiquement, il est un peu plus gros, moins gracile. Mais à peine a-t-il ouvert la bouche qu'on le retrouve, incroyablement jeune. Il rayonne. De santé, de bonté. Comment fait-il ? Il dit oui à tout, il sourit comme un enfant joue. Il a du courage, c'est un soldat; et de l'enthousiasme, c'est toujours un novice. Aucune rancœur. Il va très, très bien : combatif, optimiste. L'animatrice l'oblige à passer en revue toute sa carrière : au bas de l'escalier, puis on montera marche à marche... Il se plie à tout, cet homme-là; il est de bon vouloir, c'est agréable. Est-ce qu'il n'a jamais pensé à se marier ? Il y a pensé, naturellement. A 17 ans, au séminaire, mais ensuite non, plus jamais. Il est pour le mariage des prêtres, objecte-t-elle : pourquoi ne se marierait-il pas ? C'est bien ce qu'il dit, que chacun fasse ce qu'il veut, les vocations sont diverses. Faut-il des femmes prêtres ? Bien sûr, et des hommes aussi. Les homosexuels « premiers dans le royaume des cieux », d'après Têtu qui l'a interviewé ? Naturellement, mais cela est paru aussi dans « la Croix », quelle affaire on a faite pour rien. D'une phrase il expose son point de vue comme une évidence : « C'est un problème culturel : l'Eglise doit s'adapter au monde qu'elle doit évangéliser. »

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    C'est le moment de reconnaître ses fautes. Oui, Jacques a accueilli un prêtre canadien qui sortait de prison, et lui a demandé asile : il lui a alors confié une paroisse. Cela a d'ailleurs marché du tonnerre, au début : tout le monde se félicitait de ce prêtre charmeur... C'était une faute : Mgr Gaillot se reproche de n'avoir pas assez songé aux enfants victimes. Oui, en ça, il a eu tort. Aujourd'hui, on court à la police. Irait-il, lui, dénoncer son prêtre ? Il n'a  pas sa langue dans sa poche, il persuaderait le coupable de se livrer, c'est certain, mais le dénoncer, non. Ça, il ne ferait pas. - Mme Dumas ne bondit pas ; Monseigneur ne justifie pas. Je pense : est-ce que quelqu'un « voit » Jésus avertir la police ?  On enchaîne. Il approche de 75 ans. Va-t-il envoyer une lettre de démission au pape ? La réponse fuse : Non. Il ne collaborera sans doute plus au portail du site  Parthénia.  Mais démissionner d'un siège « nullius » ?... Vraiment pas.

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J'étais séduit. Et puis il y a eu la dernière phrase, que l'intervieweuse n'a pas relevée - pour n'en avoir pas compris la portée, je pense. En concluant, Jacques s'est dit très attaché aux gens. « Ce n'est pas Dieu qui m'intéresse, ce sont les gens. » Est-ce que j'ai bien entendu ? Je ne sais pas, je n'ai pas d'enregistrement. Moi-même j'avais rayonné du feu des  souvenirs, pendant toute l'émission. Je vivais. Voilà qu'à la dernière phrase, le feu s'éteignait. Cher, cher Jacques ! Pardonne-moi, toi qui aimes mieux que je ne fais, toi qui prends des risques comme Jésus.

23:35 Écrit par Ephrem dans Foi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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