29/06/2010

Que se passe-t-il ? (1)

tempête sur le lac 

    

            Dans la tempête, l'Eglise belge : cela, c'est l'image qui réconforte, à cause de Jésus. Mais on voit agir des acteurs nouveaux, surgir des actes oubliés comme des tragédies. La hiérarchie a heureusement échappé à la qualification déshonorante annoncée par le journal De Morgen, celle que j'ai relayée en titre, vendredi matin, à tort. Mais  les troubles, répercutés depuis dans l'univers entier, sont devenus plus graves. Et rocambolesques, et révélateurs. Perquisition dans tous les locaux (cathédrale comprise) de l'archevêché de article_eglise-belge - photo Marc Gysens BelgaMalines. Isolement imposé quelques heures de tous les évêques réunis là, coïncidence ou non. Prudence de l'archevêque en place quand il couvre  son prédécesseur, humour grinçant quand qu'il qualifie l'opération de police Intervention indignée du Saint-Siège, de son premier ministre, puis de son souverain lui-même. Emission extravagante et significative sur RTL dimanche (27 juin),  « Controverse » :  on peut la retrouver ici. Et finalement démission de toute la « Commission Adriaenssens », au nom imprononçable :  « Commission pour le Traitement des Plaintes pour Abus sexuels dans une Relation pastorale  » : la longueur de l'enseigne n'a pas suffi à dissimuler longtemps l'absence de l'adjectif essentiel qui la décrédibilisait : épiscopale. Comme l'a fait observer le pédopsychiatre Jean-Yves Hayez, cette commission était juge et partie.

FL-Ephrem 27 juin 2010 place de la liberté Bxl 

            Qu'en dire, qui soit bienfaisant, c'est-à-dire instructif et encourageant ? Je ne me sens ni capable, ni chargé, ni désireux de mettre au clair les raisons et le mécanisme psychologique de ce problème qui empoisonne aujourd'hui notre catholicisme. Je renonce donc, provisoirement ou définitivement, à le comprendre en profondeur. Mais avant de fermer pour le mois de juillet la boutique éphrémienne, je dois et je veux proposer aux chrétiens non-conformistes qui lisent ce blog quatre ou cinq observations que je me fais à moi-même, et que je communique pour ce qu'elles valent.  

chasteté des lys sans odeur 

            1. Il  va de soi que la pédophilie fait des ravages ailleurs que chez les cathos, mais c'est chez eux qu'elle a pris ce tour dramatique - au sens médiocre d'exhibé, de théâtral.  Qu'y a-t-il donc, dans le catholicisme, qui soit spécifique ? Ce n'est pas  le respect de l'enfant, la sacralisation de son innocence, ou à l'opposé le souci des instincts qui travaillent les hommes : tout cela est commun à toutes les branches du christianisme, et à la plupart des religions. Ce qui est propre au catholicisme, c'est la chasteté comme règle, comme grand critère, comme condition sine qua non. C'est le célibat obligatoire. Non pas le monachisme, ou célibat choisi pour le Royaume, par grâce individuelle, projection eschatologique de l'état de ressuscité. Mais le célibat comme condition d'accès à l'administration des sacrements, le célibat comme exigence préalable à une fonction.  - J'ai besoin d'un architecte ; vous vous sentez des dispositions ? Bon, mais savez-vous jouer au tennis ? Non.... Dommage : il me faut un tennisman pour construite ma maison. Pourquoi ? Parce qu'il y a une convenance particulière entre construire et jouer, c'est d'un ordre supérieur, comme Dieu même créateur du monde et jongleur parmi les étoiles...

 trinite de Jacques Vacher

            2. Le pape, en décidant solitairement d'exposer à la lumière cruelle du monde les misères de son Eglise pécheresse, a rompu avec la tradition séculaire qui les couvrait du manteau de la confession,  et d'un programme de conversion via transfert dans un autre lieu.  Il a eu raison, ces conversions-là s'avérant plus qu'aléatoires. Il a aussi cédé, ce faisant, à une double nécessité : financière, parce que les tribunaux civils commençaient à mettre en faillite divers diocèses (Boston, Portland, Tucson) et médiatique : tout commençait à se savoir, les juges (irlandais entre autres) aboutissant à des inculpations interminables. - En même temps, conformément à une logique biblique et chrétienne voulant que "la grâce surabonde quand le péché abonde",  il n'a pas infléchi dans un sens réaliste la méditation sur la vocation sacerdotale, décidée en juin 2009 pour un an à l'échelon de toute l'Eglise. Je doute que cette espèce d'extrémisme mystique soit plus bienfaisante que l'extrémisme antimoderniste de Pie X

 (à suivre)

22:08 Écrit par Ephrem dans Epreuves | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.