14/08/2010

L'ombre assumée

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            Je parle peu de la Vierge Marie, dont nous fêtons demain l’ « assomption ». C’est-à-dire l’entrée dans le Royaume (ou l’intégration en Dieu) non seulement de son âme, mais de son corps spiritualisé comme était celui de Jésus après la résurrection (Ça nous donne une idée). Pourquoi ce silence relatif, je  ne sais trop. Marie est une grande figure chrétienne, la Chrétienne par excellence dans le catholicisme, je le pense, je le sais toujours. Je le sens moins… Dans mon enfance, ma jeunesse et jusqu’à mes  années de scolasticat dans la Compagnie de Jésus, la Vierge occupait une grande place en mon cœur. Avec son culte, son exemple, sa douceur. Je la « voyais » surtout, je la vois toujours comme mère du Christ, mère des Hommes, mère de Dieu (→ Θέοτοκος).

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                Est-ce cette maternité omniprésente, dominante, qui m’a éloigné d’elle après qu’elle m’eut attiré de façon peu ordinaire ? Il se peut. J’ai dit plusieurs fois, ici ou ici, l’importance qu’avait eue pour mon éducation religieuse ma mère charnelle, morte à 52 ans, quand j’en avais 28. Après quoi je me suis débrouillé sans parents, isolé, n’ayant plus, au bout d’un an, à rendre de comptes à personne. Seul, libre. Robinson sans Vendredi, mais avec une île à gérer. Prof peu ordinaire, plutôt fêté, grâce à Dieu. Chrétien ferme et pratiquant dans ces années conciliaires où chacun refaisait la foi (je n’y ai rien changé), la morale (je l’ai adaptée), la liturgie (je l’ai adoptée en la changeant).

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                Aujourd’hui, l’unique ave que je récite chaque jour au cours de mon temps de prière, m’enchante surtout par sa finale : prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Je suis sûr qu’elle sera là, à l‘heure – l’Ancilla… Même si je ne songe plus guère à elle, pas plus qu’à ma mère naturelle, je n’oublie pas ce que je dois à cette toute petite bonne femme, à cette immense Juive de la Pentecôte quasi absente du premier Evangile, elle que Jésus rembarre et qui ne se fâche pas, elle qu’il  appelle " Femme" et non "Maman" quand il agonise, elle dont Paul ignore jusqu’au nom. Le présent qu’elle m’a fait ? Une téméraire, une inlassable familiarité avec Dieu, qui permet l’ « entretien » journalier où, à travers les hymnes latins, les cantiques français, et des textes d’auteurs spirituels plutôt contemporains, l’Esprit-Saint me couvre aussi de son ombre et me fait entrer doucement dans la Communion des Saints. Là où s’édifie le Royaume.

15:32 Écrit par Ephrem dans Foi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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