18/08/2010

Pays en péril de mort

Daladier acclamé à son retour de Munich.jpg

        

           Nous assistons à ce que ma génération a vécu en 1938, sur une échelle autrement grande, dont les conséquences furent terribles. Quand Daladier et Chamberlain ont voulu maintenir la paix coûte que coûte. Juste souci. L’Allemagne avait envahi la Tchécoslovaquie. Ces élus des peuples français et anglais sont allés négocier à Munich. Négocier ? Oui, tenter à tous prix de concilier l’inconciliable,  voie qui conduit à accepter l’inacceptable. Les apparences de la paix ne sont pas la paix. La Tchécoslovaquie est bel et bien en partie annexée au Reich. « Mais la paix est sauvée »,  disent à leur retour les négociateurs. Le peuple venu les accueillir applaudit. Deux années de gagnées, ô merveille.

 Arnaque.jpg

    

              La presse écrite francophone, où Le Soir et la Libre Belgique tiennent des discours différents, fait  mesurer la force des oppositions d’intérêt. Mais les journaux télévisés de la RTBF et de RTL sont stupéfiants de connivence avec la politique de démission sur le point d’être agréée. Ainsi leurs journalistes ne disent jamais que telle exigence du Nord n’est « pas » acceptable, mais qu’elle l’est « difficilement » On comprend alors qu’il y faudra un ou deux jours de plus. - Il est vrai que les Belges sont en vacances, où l’on répugne à réfléchir et l’on refuse de se mobiliser. Vrai qu’il n’y a pas de plan B satisfaisant, de nouvelles élections ayant chance de rendre pires les choses, selon les augures.   Mais qu’est-ce qui est pire qu’une Wallonie indépendante sans lien obligé avec Bruxelles, en pleine crise  économique, soumise pour cinquante ans par sa démographie à une gestion socialiste qui n’aura plus les moyens d’être généreuse, son idéal, mais aura gardé ses habitudes structurelles de clientélisme, de bureaucratie, voire d’aptitude à la corruption. Qu’Elio Di Rupo, fin et probe,  joue aujourd’hui Pétain me navre ; il n’occupe le pouvoir que par le choix d’un Parti nationaliste qui le manœuvre ouvertement. Malheur ! Résister, il faut résister !  Hélas ! Les Libéraux réformateurs de toutes les tendances sont aux abonnés absents. Si on ne les invite pas au pow-wow de négociation, c’est par leur faute : on redoute moins qu’ils en troublent le cours (ce serait bien le moins) qu’on ne voit pas qui inviter : la discorde dérègle leurs rangs, dont aucun chef n’a plus la force que donne un mandat unanime. Ils sont en faute d’être sans force.

 

Albert II fatigué.jpg 

           Que peut le Roi ? Presque rien. Ce très sage homme, éminent et attachant dans les temps ordinaires, n’a plus  la vitalité, la créativité qu’il faudrait en ces temps de révolution : je le sais, c’est mon co-aequalis. Le climat rappelle celui de l’année 39-40 où la guerre était déclarée et où personne ne se battait. Albert va-t-il laisser les commandes à Philippe ?  Le risque paraitra trop grand, sans doute, d’une succession impopulaire. Mais je souhaite, moi, que ce risque-là, il soit pris. Jamais le pays n’a été plus près de sa destruction.  Appel aux hommes neufs aux idéaux anciens

13:03 Écrit par Ephrem dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Est-ce que ça changerait réellement quelque chose si Philippe devenait roi?

En tout cas je le souhaiterais de tout coeur! Que les belges aient conscience que l'Europe a besoin d'eux, mais unie!

Amitiés sincères :)

Écrit par : Eusèbe | 18/08/2010

Observez qu’aujourd’hui les rois, au début de leur règne, ont à subir quelque épreuve, à partir de quoi leur légitimité n’est plus contestée. En Espagne, le prince Juan Carlos, héritier de Franco plutôt suspect en 75, assure son trône en faisant échouer le coup d’Etat de Tejero aux Cortès en 81. Son beau-frère Constantin de Grèce perd le sien à la même époque en appuyant ses colonels fascisants. Albert Ier a gagné ses galons en 14-18, Léopold III perdu les siens en 40-45. Je pense qu’une épreuve « qualifiante » assurerait providentiellement l’avenir. Encore faudrait-il que Philippe ne se trompe pas. Mais allez savoir pourquoi, je crois en sa sagesse ! – Merci de votre intervention, ami fidèle…

Écrit par : Ephrem | 18/08/2010

Il y a deux jours, figurez-vous, j'ai pensé la même chose: Albert II devrait céder la place à Philippe, qui serait plus énergique.

Et je crois que nous ne sommes pas les seuls à le penser.

Pour ma part, je suis content que les Flamands continuent à tenir à la région bruxelloise, pour ne pas que celle-ci forme une seule région avec la Wallonie. D'ailleurs beaucoup de politiciens bruxellois flamands-francophones se sont immiscés et s'immiscent toujours dans les affaires de la Wallonie.

Écrit par : Georges | 19/08/2010

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