07/10/2010

D'abord éjecter les bleus !

Prémonition de la guerre civile - Dali - ImagesCAD2N97E.jpg

 

…Quand « la patrie est en danger », que fait-on ? C’est la question en Belgique. L’agression n’est pas extérieure (aux frontières…) mais intérieure : nous sommes depuis des mois au bord de la guerre… pardon, de la discorde civile, avec un camp de forts et un camp de faibles, tant du point de vie économique que démographique. La violence s’installe ? Oui, celle des intérêts. Feutrée, cauteleuse, en gants blancs. Nous ne sommes ni au Rwanda ni en Bosnie : pas de morts, pas même de cancrelats, pas d’injures.  Seulement des cœurs fermés. Des regards. Des sourires froids.

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La règle de la civilisation voudrait qu’en pareilles circonstances, tous les partis démocratiques unissent leur génie et leurs forces, qu’ils se parlent, sans exclusive. Pas seulement les Nordistes avec les Sudistes, mais qu’au Nord comme au Sud, tous les partis « honorables » soient invités à la concertation: à gauche, au centre, à droite ; socialistes, chrétiens, libéraux, et les écolos en prime bienfaisante. Dans l’oubli provisoire de leurs rivalités et de leurs dissentiments légitimes. Qu’ils s’emploient à sauver la paix menacée, qu’ils ne sacrifient pas la justice, jamais.  Un but : faire prévaloir le bien commun.

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Par rapport à cette nécessité évidente d’arrêter l’Ennemi dès que l’agression commence, de ne céder sur rien à son intimidation en répondant pourtant à sa préoccupation, on est abasourdi d’entendre les Francophones déclarer que cet ennemi est plutôt dans leurs rangs. En effet, les Francophones de gauche et du centre ont prié les Belges de droite de rester en dehors du combat. On n’a pas besoin d’eux. Qu’en induire ? Que le combat actuel est déjà perdu : il est celui de factions. La nature est ce qu’elle est : les valeurs d’ordre, de mérite et d’âge mûr s’imposent naturellement, quand on ne leur oppose que la création (pour ne pas dire le folklore), la distribution (pour ne pas dire le clientélisme) et la jeunesse (… naïve jeunesse, n’est-ce pas, Rimbaud ?).

Tristesse. Puisse l’avenir me donner tort.

23:38 Écrit par Ephrem | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Cette analyse un peu sommaire contient de nombreux éléments qui mériteraient d'être développés

Le problème à résoudre me parait relever moins d'un antagonisme linguistique et culturel (encore que réel) que d'une forte empreinte politique sur 2 régions : au Nord la droite, au Sud la gauche, chacune avec leurs multiples nuances et recoupements.

Mais n'est-ce à nouveau pas trop simple ?

Pour votre gouverne, je suis bilingue d'ancienne formation, c.à.d. rigoureuse.

Écrit par : Palagio | 09/10/2010

Quel plaisir de vous voir de retour sur ce Bloc-notes, cher Palagio. Où diable étiez-vous ? Je me suis inquiété de vous, mais personne parmi nos connaissances communes (qui ne sont pas nombreuses, j'en conviens) n'avait de nouvelles. Enfin, vous voilà!

Bien sûr que "cette analyse est un peu sommaire", comme vous dites gentiment. Le vrai est qu'elle est lyrique, romantique, excessive en un mot, comme ce qui est littéraire.

Ainsi donc la fin de mon premier paragraphe, qui parle de coeurs fermés, est fausse : vous êtes flamand, parfait bilingue comme tout homme cultivé de votre âge en Flandre, vous avez fait une partie de vos études à Namur (avec moi, comme il fut conté sur ce blog) ) et votre carrière à Bruxelles. Votre coeur est grand ouvert. Mais votre culture (notre culture commune) faite de concessions et de stabilisations n'est plus chère à nos descendants.

La Gauche, en bas du pays, et la Droite, en haut, sont devenues si puissantes qu'elles ne se tolèrent plus mutuellement, ne veulent plus se PORTER. Même le tranquille CD&V se distanciera du CDH plus volontiers que du NV-A. Et le cher Elio qui croit charmer BDW avec son charisme habituel est tout étonné de voir qu'il échoue là-même où il est un as.

Ceci est trop simple, certes. Mais les passions sont simples, cher Maître. Et ce sont elles qui meuvent les hommes. Avec affection.

Écrit par : Ephrem | 10/10/2010

Cher Ephrem,
Je ne crois pas que les différences sont linguistiques, culturelles, religieuses ou autres.
Toujours, on affirme que la cause des dissensions est "noble" (défense d'une religion, d'une langue, d'une façon de concevoir la solidarité...) alors qu'elle est (et a toujours été) uniquement économique.
L'homme est un prédateur "honteux" qui n'aime pas exhiber ses vrais instincts.
Un bel exemple est la distribution des médicaments: on trouve des prétextes pour obliger les firmes pharmaceutiques à offrir à prix symbolique des médicaments contre le paludisme, le Sida... mais quand il faut payer la recherche des molécules, il n'y a plus personne.
Cela me fait penser à une poésie très connue de Niemöller... "Quand ils sont venus chercher les communistes..."
Amitiés

Écrit par : Armand | 10/10/2010

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