14/10/2010

Actualité

Copiapo, Chili.jpg

 

     Depuis le 5 août, au Chili… En homme qui se prépare toujours au pire pour ne pas être déçu,  je n’ai pas cru que les mineurs de Copiapo au Chili éviteraient la logique du malheur que la Nature ne cesse de proclamer (ces temps-ci de façon répétitive) aux hommes qui la défient pour vivre mieux. Simplement pour travailler, améliorer leur destin, tirer profit des avantages de la planète. Au début du mois, quand deux mille journalistes accouraient pour assister au sauvetage prévu, j’imaginais plutôt l’accident fatal de dernière minute, celui que projettent en l'âme  les films catastrophe vus dans l’enfance, mais aussi un jansénisme personnel mal soigné… Et tout à coup, joie. Immense joie. Un premier homme est réapparu vivant, un expert paraît-il. Et puis voici le second, moins exceptionnel.  Mario Sepulveda, dès sa première phrase, remercie Dieu. De quoi ? De cette épreuve, dit-il. Les larmes m’en viennent aux yeux. Quel sublime paradoxe ! Et voilà qu’il parle de « changer » -  de conversion en somme…. -  Selon France-Info, ce qu’il envisage est plutôt matériel, c’est une réforme de la condition des mineurs. Autre interprétation. Pourquoi aurais-je tort  d’entendre ce que je comprends ? - Un peu plus tard, un autre rescapé, en sortant de la nacelle, s’agenouille pour prier. Chaleur en moi, de nouveau. Qu’elle est magnifique, cette espèce humaine, qui remercie Celui qui a aussi permis l’éboulement initial, qui ne retient des cruautés traversées que le salut final ! Je songe aussi que l’Amérique latine, pauvre, fidèle à ses traditions, travaillée enfin par la théologie de la libération, donne ici une leçon de foi et de vie à tous les nouveaux païens évoluant en Europe dans une ignorance du Christ qui les déshumanise.

 Omayra Sanchez 1985.jpg

     Ce qui suscite mon émotion admirative n’est pas seulement l’instinct religieux de reconnaissance qui s’exprime  en ces hommes sauvés, mais l’ingéniosité, et la puissance de la race des hommes, quand ils décident de lutter contre le destin. « Attention ! Cela n’aurait pas été possible dans une mine de charbon », ai-je entendu. « Ici, ce qu’on extrait des profondeurs, c’est du cuivre et de l’or. » Je ne suis pas sûr du sens exact de ce propos.  S’il vise le coût du sauvetage, ou sa possibilité, vu la nature du terrain. Mais entendant ça, je me suis subitement souvenu de la petite Omayra Sanchez, en 1985. Une colombienne de treize ans. Trois jours durant, nous l’avons vue s’enfoncer dans un magma composé de glace fondue et de lave volcanique, avec une camera qui la regardait mourir, et les explications tranquilles des autorités selon lesquelles il n’était pas possible de rien faire…    

00:52 Écrit par Ephrem dans Actualité, Foi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Cher Ephrem,
Une question que je me pose parfois...
Si, au lieu de payer (j'allais dire gaspiller) des milliards de dollars à l'érection de temples divers (je ne vise aucune religion en particulier) et le train de vie de leurs prêtres, on veillait au bien-être des gens, il y aurait moins de catastrophes (naturelles et autres) par une lutte contre les maffias...
Le ver est dans le fruit: souviens-toi de la loge P2, de Calvi... qui s'est provisoirement terminée par l'opération "mani pulite".
Amitiés

Écrit par : Armand | 14/10/2010

Soyez le bienvenu, Armand, visiteur dont je ne connais pas (ou pas encore) l'identité. Les deux commentaires que vous avez déjà offerts à la réflexion commune sont pleins d'intérêt. Pour le dernier, permettez deux répliques. 1. Les temples magnifiques, chapelles, tableaux, haut-lieux sacrés seraient des gaspillages en effet, si l'on voulait par là s'attirer les bonnes grâces d'un Dieu étranger. Mais ils servent d'abord aux hommes, à qui ils inspirent confiance. Confiance en eux-mêmes, puisqu'ils leur rappellent leur destin d'enfant de Dieu, leur vie éternelle. Regardez Tahiti : qu'est-ce donc qui empêche ces gens de désespérer, p.ex. de tuer et se suicider façon al-Qaida ? Ce n'est pas une collecte de fonds mondiale qui les tient debout, c'est la foi - la Fierté chrétienne. 2. Vous rappelez avec raison les turpitudes romaines. Est-ce que cela importe ? Ce qui compte, c'est le Christ, notre frère. Il a confié la direction de son Eglise à un pécheur lâche et infidèle, pourvu que cet homme L'aime. C'est ainsi. Il n'avait guère le choix, vous savez. Dans tous les mouvements religieux, il y a des saloperies. Dans tous les mouvements non-religieux aussi. Là oµ est l'homme, il y a de l'hommerie. N'empêche. Avec le Christ Jésus, c'est la Vie. Sans lui, c'et la Nuit.

Écrit par : Ephrem | 14/10/2010

Cher Ephrem,
Je crois que nous avons des opinions "religieuses" très différentes.
Tu as la foi, je ne l'ai pas...
Cela n'empêche pas de dialoguer, du moment que cela a lieu dans la tolérance et le respect mutuels. De là à me convertir...
Amitiés
Citation: "C'est la foi même qui est Dieu." (Emile-Auguste Chartier, dit Alain.)

Écrit par : Armand | 14/10/2010

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