19/11/2010

Des bouffeurs de curé le calotin curieux...

Josy Dubié.jpg   J’apprends par la RTBF mercredi midi ce que vous savez sans doute. Josy Dubié,  ancien sénateur, a claqué la porte du parti écolo dont il avait été une vedette. Il lui reproche de trop peu s’intéresser à la politique internationale, et aussi, je cite de Brigode au JT, d’être « trop catholique ». La lettre de renon est bientôt publiée : Ecolo serait devenu un « parti de bobos, dont [il] ne supporte[rait] plus « ni les dérives « libérales libertaires », ni les foucades monarchistes et calotines du « chef ». Il a écrit « notre » (chef), mais c’était torturer la syntaxe, je corrige donc comme a fait pieusement le Soir. Qu’importe. - Cela ravive en moi un flot de souvenirs.

 

dutilleul_philippe.jpgJosy Dubié, je l’ai connu par la bande, en 74-75, quand l’Ihecs était encore installé à Ramegnies-Chin près de Tournai. Je n’y étais prof à plein temps - c.à.d. huit heures de cours par semaine, chanceuse  époque ! - que depuis 1973  et, bien que toujours domicilié à Bruxelles, je voulais m’insérer dans la communauté étudiante, alors très politisée. On avait tous « fait » 68, mais le milieu n’était pas soixante-huitard au sens anarchique, comme on en a l’image. C’était plutôt un espace et un temps où les jeunes se voulaient tôt indépendants, adultes. Inventeurs d’eux-mêmes, à l’inverse de la génération Tanguydu XXIe siècle. Politiquement, c’était « à gauche, toutes ». A titre personnel, « dans une longue enfance on m’avait fait vieillir » au sein généreux de la compagnie de Jésus, comme raconté déjà, et, à mon retour dans le siècle, la disparition de mes père et mère m’avait trouvé tel qu’étaient ces étudiants : un homme à faire, seul, qui en voulait. Avec un trait caractéristique qui ne s’est jamais estompé : j’étais chrétien comme on a le sang chaud, comme on est asthmatique, comme on comprend le français. D’abord chrétien ; ensuite de gauche, puisque conciliaire, mais la révolution n’était pas mon idéal. Ni Castro, ni Che Guevara, encore moins Mao ne m’inspiraient. Par contre, la foi de Mauriac, la sensibilité de Françoise Giroud, la perspective de Mitterrand, voilà qui m’exaltait, me suffisait. Je me souviens d’une soirée chez Philippe Dutilleul, le futur auteur de Bye Bye Belgium, qui était alors étudiant en dernière année, et qui avait invité « Dubié, le grand reporter.»  Leur discussion portait sur les désordres mondiaux. Carole Courtoy, la future productrice de cinéma,  était là aussi.  Prudent, j’avais écouté et je n’avais rien dit.

 

Defossé.jpgPar la suite, à cause de ses émissions sur les « Travaux inutiles », j’ai été amené à apprécier le frère de Dubié, Jean-Claude Defossé. J’ai donc engagé ce dernier comme chargé de cours en février 1989, quand l’Ihecs alors nomade était à Mons. J’étais, comme le public, « épastrouillé » par sa façon humoristique et picturale de faire « voir » ce qu’il « disait.» Cela instaurait dans ses reportages un humour actif, lui permettant d’être outrancier sans être blessant. D’accuser sans faire la leçon. Par exemple ? J’ai oublié, je vais inventer, je me rappelle seulement la méthode, qui est prendre en main des jumelles à propos d’une question dont on dit qu’il faut y regarder de près. Mais il est aujourd’hui question de catholicisme, et M. Defossé, agnostique de bonne compagnie, n’était pas là-dessus aussi chatouilleux que son frère. Je me rappelle avoir discuté avec lui de ce qui était « possible » idéologiquement dans le monde des médias, à propos des valeurs… Lui plaisantait gentiment. Rappelait qu’il était au départ un artiste, professeur de dessin… J’ai tiré secrètement profit de sa sensibilité. En aménageant pour tous, bientôt, le formulaire de contrat professionnel, aussi bien CDD que CDI, de la façon que je dirai dimanche C’ est la fête du Christ Roi , ne me demandez pas le rapport…

Les commentaires sont fermés.