06/03/2011

Bonne nouvelle et histoire drôle

La vie, pelouse qu'on lessive et suspend....jpg

C’est décidé, et la décision me revigore. En avril, l’équipe cardiologique des Cliniques Saint Luc prend  « mon cœur en mains ». Finis les entrechats et autres extrasystoles de cet animal indocile, finie la course au pouls le plus rapide, - ou le plus lent selon le cas. En quoi consistera l’opération, ça, je n’ai pas bien compris. On parle d’ablation, mais de quoi ? Et « d’isolation de veines pulmonaires », qui mêleraient indument leur mouvement, si je traduis bien, à celui qui seul est prévu. En ce mois de mars, objectivement, rien n’est donc changé dans mon état de santé ; l’arythmie cardiaque mène toujours son carnaval. Mais subjectivement, je vais bien ! Savoir que mon mal sera pris de front, ou à la racine, je ne sais comment dire, me ressuscite. Ça ira ou ça n’ira pas, on verra,  mais l’essentiel pour moi est qu’on  fasse quelque chose. Invivable, en comparaison, est la double malédiction de penser que son moteur est trop vieux pour que le garagiste renonce à l’entretenir, et de constater qu’il est pourtant assez réactif pour qu’on ne se résigne pas à être au lit toute la journée… Bon. Changeons de sujet, ou plutôt traitons l’affaire d’autre façon. J’ai pour vous une histoire drôle.

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Je la tiens du nouveau diacre de mon village natal, qui a épousé la sœur d’un ami d’enfance. Cet ancien journaliste de Télépro, hebdomadaire qu’il créa dans les années 60, vient de publier à compte d’auteur (je crois)  un roman à la fois bien-pensant et révolutionnaire, dont l’écriture est sans prétention mais la lecture jouissive. On y rêve comme fait un enfant. Référence : Jacques DESSAUCY, La fille du pape, Mémory Press, 2010. Pour vous procurer le roman ou atteindre l’auteur, taper ici :  contact@memory-press.be. L’expérience ecclésiale de ce Jacques, vivant sans amertume mais sans aveuglement son statut de sous-prêtre marié en milieu traditionnel, confère à ses réflexions et inventions un intérêt supplémentaire. Faut dire que son « supérieur », le curé de Tellin, est un Africain qui lui laisse peu de place, à ce que j’ai vu : à la messe, le diacre ne se voit confier que trois missions. Dire l’évangile (mais jamais l’homélie), donner au public le baiser de paix, et lui distribuer la communion. Rien d’autre. Pour ça, une ordination ? Hm. Le curé, par chance, est d’un bon niveau intellectuel, il pratique une exégèse judicieuse et évite les leçons de morale intempestives. Avec un timbre un peu chantant, il lit, sans hésiter ni improviser, un texte de deux pages qui satisfait ses paroissiens. Bref, « Jacques » n’a pas à se plaindre du peu de travail que lui donne l’« abbé  Freddy » - puisque ainsi s’appelle ce prêtre curé, dont le nom de famille semble à ce point imprononçable pour toute la paroisse que son prénom lui tient lieu de nom officiel. 

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Le roman conçu par Jacques Dessaucy est un prône d’une autre sorte. L’histoire se passe dans les années 2020. Le nouveau pape est un veuf, père d’une certaine Béatrice, une femme toujours célibataire malgré ses 36 ans. Regardez-les page 152, par exemple,  en Côte d’Ivoire, où le pontife « Jean-Pierre Premier » fait au clergé local une visite éclair et imprévue, en évitant les solennités que nous savons. Il n’est pas question de messe. Mais de repas.

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« Le repas se déroula dans une ambiance détendue. Le pape commença à raconter certains souvenirs amusants de ses voyages en Afrique. Les évêques enchaînaient sur un  ton badin . Silencieuse, Beatrice observait.  Ce comportement rejoignait un phénomène qu’elle avait maintes fois observé lorsqu’elle avait eu l’occasion d’accompagner son père dans des rencontres ecclésiastiques. Quand ceux-ci mangeaient ensemble, ils ne discutaient habituellement pas des affaires de l’Eglise mais de choses profanes. C’était souvent des souvenirs, mais aussi des blagues. - Connaissez-vous l’histoire de paul et de l’inondation, fit le pape ? - Non, répondirent plusieurs voix. -Il y avait une inondation dans la vallée où habitait Paul. L’eau envahit sa maison. Puis elle monta, monta tellement que Paul dut se réfugier sur son toit. Une barque passa et invita Paul à monter à son bord. «Non, dit Paul, j'ai totale confiance en Dieu. Il va intervenir et me sauver. »   L’eau monta encore, obligeant Paul à monter au faîte du toit. Un canot à moteur arriva et l'invita à monter à bord. «Non, dit Paul, j'ai totale confiance en Dieu. Il va intervenir et me sauver. »   L’inondation se fit encore plus forte. Paul, au faîte de son toit, avait de l'eau jusqu'à la ceinture. Un hélicoptère arriva et se positionna au-dessus de Paul. Une échelle de corde se déroula. Le sauveteur lui fit signe de grimper. «Non, cria Paul, j'ai totale confiance en Dieu. Il va intervenir et me sauver. » L’eau monta à nouveau, tant et si bien que Paul fut noyé ...

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Au paradis
, il fut accueilli par saint Pierre.  - « Je voudrais déposer une plainte. »  - « Je vous  écoute, fit saint Pierre.»  - « J'avais totalement confiance en Dieu. J'avais la foi qu'Il allait intervenir et me sauver d'une inondation. Pourtant, je suis mort noyé. »  -  "Attendez, dit saint Pierre. Je vais voir.»  Il s'assit devant son ordinateur, tapota sur quelques touches puis déclara: - «Je ne comprends pas. On vous a envoyé une barque, un canot à moteur et un hélicoptère...»

 

Les évêques éclatèrent de dire. Béatrice reconnut bien là son père. Il aimait raconter des blagues mais celle-ci, plus qu'une blague, était une sorte de parabole.

Commentaires

Et avec tout le soutien d'une "famille" aimante pour t'entourer dans ce moment particulier !

Écrit par : Ben de Liège | 07/03/2011

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