24/04/2011

Alleluia !

Emmaüs encore.jpgJe ne voudrais pas que passe la fête de Pâques sans que j’ai dit ici, tout à la fois, ma bonne humeur et mon extrême épuisement. L’épuisement est physique : les quatorze ablations dans le cœur subies par catheter se sont faites avec succès, me dit-on, mais de cette réussite, je ne ressens pas encore les effets ; je me traîne, amaigri et perpétuellement fatigué. Quant à l’humeur, étrangement, elle est plutôt joyeuse. L’étrangeté est l’abondance des larmes qui me viennent aux yeux à tout propos. Je me sens comme quelqu’un qui s’en retourne où il est né, après un long séjour au bizarre pays des passions, des risques et du feu. Où je suis né, il y aura mon père, que je ne connais pas, que je découvrirai  ; et ma mère, dont je me ré-enchanterai. A l’Eglise, du baptistère à l’autel en passant par le confessionnal et le chemin de croix, il y a déjà, qui m’accueillera en souriant, mon Créateur, mon Sauveur, Celui que fut vraiment, dans l’ombre, dans le froid et dans le silence, mon Amoureux. Ne me consolez pas, je vais bien. Le Christ est ressuscité et je suis en train de ressusciter avec lui.

 

Finger - cf. Flickr.jpgAu dehors,  je vois avec tristesse que l’Eglise catholique subit la persécution. Puisse-t-elle en être purifiée ! Cela sera si elle sait éviter le rigorisme pharisien. Les journalistes, comme des chiens, sont en chasse. Tantôt le monarque belge perd le droit d’être chrétien, tantôt l’archevêque celui d’être clément vis-à-vis d’un collègue qui a manqué jadis, jadis ! à la vertu de chasteté, à une époque où celle-ci suscitait surtout des critiques, - un collègue qui avait plutôt manqué de discernement pour n’avoir pas senti l’imperméabilité absolue qu’il y a entre la sexualité des adultes et celle, entièrement sui generis, des enfants…  Mais parlant comme je fais, je vais m’attirer les foudres des vertueux, c’est-à-dire de tout le monde, et franchement, je n’ai plus la force de me battre, d’être l’avocat des pauvres, les vrais pauvres, ceux qu’il est convenable d’accabler… Ah ! Ce n’est pas seulement le Japon qui est patraque et privé de Dieu, ni les pays arabes où l’on ne maudit bien que ce qu’on a d’abord adoré. C’est l’opinion publique occidentale qui est moche, avec son désordre économique, son anarchie politique et l’hypocrisie morale qui y sont comme des lois.

18:28 Écrit par Ephrem dans Actualité, Epreuves, Foi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Bonne fête de Pâques, dans la joie du Christ ressuscité !

Écrit par : Seb | 24/04/2011

Ceci n'est pas un commentaire, mais le copier-coller d'une note que j'ai mise dans la "Libre belgique" ce lundi à 16h55, en apprenant une initiative du pape qui me semble vraiment bienfaisante. Voilà :

"J'observe avec bonheur que le pape se tourne vers le futur. Délibérément. Ressasser le passé est vain ; ce qui importe est de préparer l'avenir, un autre avenir. D'en créer les conditions. Je crois que c'est en marche.

L'Eglise, comme la plupart des autres organisations, a méconnu hier l'extrême dangerosité de la pédophilie, dont les dégâts se révèlent avec retard. Qu'y faire ? Aujourd'hui, tout est devenu clair. Tout le monde sait. L'Eglise aussi.

Pour ce passé, la prescription (civile autant que canonique) signifie que plus personne n'est en état de juger avec sérénité, en connaissance de cause, avec justesse et donc avec justice. C'est moins par clémence que par équité, par esprit de justice, que l'Eglise s'en remet pour le passé au jugement de Dieu. Et demande aux victimes de pardonner, si elles y parviennent, comme a fait Jésus sur la croix. Leurs bourreaux ne savaint pas ce qu'ils faisaient...

Cette assimilation de leur mal à celui subi par Jésus n'est pas méprisable."

Écrit par : Ephrem | 25/04/2011

Cher Ephrem.

J'aime beaucoup votre commentaire dans la Libre Belgique et la façon sage dont vous, et le pape, voyez les choses. Au fond elle me correspondent aussi. Seulement une question reste sur mes lèvres: comment fait on si l'on ne peut pardonner?
Moi je plains les bourreaux mais plus encore les victimes qui ne savent pas pardonner. Peut-être qu'un jour je me retrouverais aussi dans ce cas. Mais je trouve ça dommage et dommageable...

Mes amitiés cher Ephrem!

Écrit par : eusèbe | 02/05/2011

une fois de plus, vous posez une excellente question, subtil Eusèbe. A quoi j'ai réfléchi toute l'après-midi et qu'il me faut verbaliser, si j'y parviens. Je suis conscient que l'aptitude à pardonner n'est pas universelle ; qu'elle peut être (momentanément ? accidentellement ?) rendue impossible par l'éducation ou les moeurs d'un groupe, d'une clan, d'une tradition.

Mais dans le christianisme, c'est le contraire. Pardonner, c'est, ce doit être notre caractéristique. Nous avons même l'insolence de suggérer à Dieu de nous imiter là-dessus (pardonne-nous comme déjà nous 'avons pardonné' à nos offenseurs - aphêkamen est un parfait en grec)... Ça suppose, je le reconnais, que le danger des fautes ait été écarté. Autant qu'il se peut.- Amicalement.

Écrit par : Ephrem | 02/05/2011

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