30/06/2011

Aventures de l'âme

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Beaucoup de blogueurs chôment ou raréfient leur activité créatrice, en cet été d’anomalie — politique, écologique, ecclésiologique — où le temps chaud complique ses charmes alanguis par la violence  d’intermèdes diluviens. Et moi ? Comme tout le monde : je n’ai pas grande énergie pour vous entretenir de l’actualité, ni même, comme j’en ai l’habitude, vous raconter les aventures de mon âme, ces plaisirs spirituels que l’âge, loin d’empêcher, favorise. Pas beaucoup d’énergie, pas grande envie non plus. Lorsque les lecteurs sont en vacances, les rédacteurs n’ont plus d’inspiration. - Il arrive qu’on parle seul, qu’on chante, qu’on pleure seul. Mais écrire ? On écrit à quelqu’un.

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Qu’ajouter ? Un mot. Un simple substantif que je vous offre comme un parfum, un sourire, une allusion. Pour  vous, en ce moment . Je viens de le lire, banal et bouleversant, dans « Ce grand soleil qui ne meurt pas », de Bernard Sichère. Ce qui accompagne celui qui cherche l’absolu, dit-il, c’est « cette chose étrange et profonde, ignorée depuis toujours de ceux qui ont le pouvoir, et qui s’appelle la fraternité. »

 

 

 

23:20 Écrit par Ephrem dans Actualité, Général, Plaisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

11/06/2011

Parler à l'Esprit

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Demain, fête de la Pentecôte. Et ce soir, à la cathédrale, à partir de 20 heures, « veillée de prières » présidée par Mgr Léonard. Ce n’est pas une messe ; et j’imagine que c’est plus mouvementé (cérémonialisé) qu’une adoration eucharistique. Des adultes y seront confirmés, dit-on. J’irai donc. Malgré deux hésitations. 1. Peur de m’y trouver  en milieu réactionnaire, péniblement triomphant si la rumeur que j’entends est fondée, à savoir que le pape s’apprête à ouvrir les deux bras, sans réserves,  aux schismatiques de la fraternité St Pie X, dans les quinze jours. Il profiterait de la fête des SS. Pierre et Paul pour réintégrer les intégristes têtus, qu’il confierait – au sein de l’Eglise -  à la juridiction du seul Mgr Fellay, moyennant une soumission polie du Successeur de Marcel Lefebvre. Tristesse. J’ai déjà fait une fois l’expérience : il m’est difficile de prier avec ces obstinés pharisiens. 2. Vis-à-vis de l’autre tendance probable, charismatique et démonstrative, je n’ai pas de répugnance, seulement de la gêne. La prière, pour moi, suppose de la pudeur. Mais là-dessus je ne me donne pas raison. La façon dont les pasteurs afro-américains font danser et chanter leurs paroissiens est spirituellement d’une efficacité évidente. 

Canari ImagesCAGOJWAI.jpgEtrange fête que la Pentecôte. C’est alors que naît l’Eglise. Tandis que Jésus est parti, et parce qu’Il est parti. Il l’a lui-même expliqué : s’il ne partait pas, il ne pourrait envoyer à sa place l’Esprit-Saint. Qui apprendra aux disciples des choses que Jésus vivant n’a pas pu ou voulu dire. Transmettre. - Difficulté de visualiser cet Esprit. Allons ! C’est le vent, c’est le souffle, c’est l’optimisme, la liberté… Justement : difficile de personnifier cet esprit, de lui parler. Parle-t-on à une valeur, à un symbole, à un canari ? Or cet Esprit, que le concile de Nicée en 325 mentionnait sans rien en dire, il est capital dans notre Foi, selon ce qu'a vu le concile suivant, Chalcédoine, en 381. Car cet Esprit est Seigneur, c’est-à-dire Dieu, une des trois Personnes, co-adorées et co-glorifiées, c’est Lui qui donne la Vie, et ce qu’il est possible d’en savoir : Lui qui parle par les Prophètes.

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Dans le très vieil hymne carolingien « Veni sancte spiritus », que j’ai appris par cœur et chantonne volontiers, je retiens surtout  le 2e couplet. Il m’a accompagné ces temps-ci: veni pater pauperum, veni dator munerum, veni lumen cordium. Père des pauvres, donneur de cadeaux, lumière des cœurs… Se rappeler que les pauvres, c’est DSK autant que la fille d’hotel ; les cadeaux, c’est la vie, l’amour et la conscience qu’on en a ; et l’illumination des cœurs, c’est, pour user d'un mot grave, l'accession à la Vérité.

18:50 Écrit par Ephrem | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/06/2011

Croire, c'est croître dans la foi

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Cette image, je la tire de mon quotidien du matin. Elle en rappelle une autre, que vous connaissez bien, que vous trouverez ici si besoin est. La Piéta sculptée vers 1500 par Michel-Ange pour Saint Pierre de Rome : un marbre de douleurs, où s’imposent comme des anges l’harmonie, la beauté, et la paix. La réplique que je vous invite, aujourd’hui,  à regarder, est tout autre. Elle s’expose ces mois-ci à la biennale de Venise, c’est l’œuvre de Jan Fabre, le sculpteur flamand mondialement connu. Je cite ce qu’en dit Guy Duplat, l’envoyé spécial de la « Libre Belgique », page 53 du journal des 4-5 juin :  « la Vierge a une tête de mort ». La précision n’était guère utile : qui ne l’avait remarquée ? Quel en serait le sens ? Son absurdité : ce n’est plus une femme vivante qui accueille son enfant détaché de la croix : c’est, absolue comme un squelette dépouillé de toute chair, la méchanceté du Temps. Utiles, en revanche, les deux autres informations du journaliste : c’est l’amie de Fabre qui a servi ici de modèle  à la Vierge. Et dans ses bras, c’est l’artiste lui-même, Jan Fabre, tout habillé, qui tient la place du Christ. M. Duplat n’a pas la sottise de se scandaliser : « Une œuvre nullement blasphématoire. »  Puis il propose une explication :  « Il s’agit de montrer la souffrance de la mère et la place de l‘artiste qui meurt pour son art. »  Ici, je doute beaucoup de la souffrance de ce cadavre, et tout autant que la passion de l’artiste soit comme une Passion. Mais soit…

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Nos arts – musique, poésie, peinture – sont marqués depuis cent ans (le début du XXe siècle) par un énorme doute sur eux-mêmes, sur la légitimité de leurs moyens. La musique crie ou grince plus qu’elle ne chante, la poésie marche à contresens, la peinture ne va plus sans poser des énigmes… Je me souviens qu’en 1966, le grand prix de la même biennale de Venise avait été une toile immense où rien – rien - n’était peint ! Toile que l’artiste avait lacérée en son milieu, d’un coup de couteau. Sens probable, parmi d’autres possibles : aujourd’hui, la peinture n’a plus d’avenir,  elle se suicide.

 

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Qu’aujourd’hui la religion chrétienne ait à subir le même questionnement que les arts ne devrait pas étonner. Nous créons autrement qu’hier, nous croyons autrement aussi. Pas seulement les chrétiens ordinaires, mais aussi les prêtres et laïcs en charge de mission apostolique. Parce que nous ne pensons plus que Jésus ait « forcé » les consciences par des miracles évidents. Ni que les prophéties dans leurs diversités et imprécisions eussent été aussi évidentes que Luc le fait dire à Jésus le soir d’Emmaüs. Mais je reviendrai sur tout ceci. C'est parce que Tu m'aimes par-dessus tout, mon Christ, que je parie tout sur Toi. C'est parce que je suis critique que ma foi contribue à la venue de Ton royaume.

23:20 Écrit par Ephrem dans Arts, Foi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |