26/10/2012

Les apôtres sont-ils femmes du Christ ?

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Dimanche dernier, Mgr Léonard quittait le synode romain sur la nouvelle évangélisation pour un saut à Bruxelles : il voulait entre deux avions, venir celébrer chez nous (chez lui…) le 50e anniversaire du concile. En même temps, répondre à nos préoccupations actuelles. Notre insatisfaction, pour tout dire. Pour bon nombre de laïcs croyants, les réformes souhaitées en 1963-65 n’ont pas toutes été menées à bien. Et ce n’est pas d’avoir été « trop loin » qui a fait tort, parfois, au rayonnement de la Foi, c’est de n’avoir pas assez progressé, -  d’avoir fait du surplace sur certains points. La place des femmes dans l’Eglise, par exemple. Pensez que le sacerdoce leur est toujours refusé. D’office, de naissance, comme une disqualification radicale et naturelle. Certains pères du Synode actuel, à lire le « Message au Peuple » concluant leurs travaux qui est publié dans la Croix, ont timidement tenté d’aborder la question, mais en vain :  le texte final n’en pas mention. Même pas. Là-dessus notre archevêque entreprend de nous tranquilliser, de nous remettre sur le droit chemin. Il mobilise son intelligence, s’adressant à la nôtre, ce qui est périlleux en matière de « vérité d’en-haut ». Que dit-il ? L’inaptitude féminine au sacerdoce est indiscutable. Pourquoi ? Lisez. Ce texte est publié dans le journal Dimanche du 28  octobre.  « Si l’Église n’ordonne pas de femmes prêtres, c’est tout simplement parce le Christ a choisi des hommes comme apôtres. Jésus se présente comme l’époux venu épouser l’humanité, et les apôtres le représentent dans ce rôle. Il est donc logique d’avoir choisi des hommes dans le rôle du Christ-époux. » L’archevêque-théologien insiste sur cette symbolique qu’il dit centrale dans la pensée de Jésus.

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Mais les catholiques d’après le Concile sont bien mieux versés qu’ils l’étaient avant dans l’exégèse biblique. Ils lisent les évangiles à partir de leur genre littéraire, de la rhétorique du temps, des compositions, des similitudes. Ils savent  que Jésus, nulle part, ne s’assimile lui-même à un mari ayant conclu un « pacte matrimonial » avec l’humanité. L’alliance de Yahveh avec Israël, c’est autre chose, et cette alliance là n’a rien de conjugal – pas plus que la Sainte-Alliance de 1815… St Paul non plus n’utilise pas cette image. La grande image qui est reçue et organisée au premier siècle est celle du Père (Notre Père)  et de ses enfants : le Christ étant le fils premier-né : tous les hommes (homines et pas seulement viri) étant repris dans sa filiation à lui. 

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Par ailleurs, tirer d’une métaphore des caractéristiques objectives à partir de points de vue nombreux est aberrant, en logique mineure. On pourrait, en revanche, travailler avec une analogie.  Comment fonctionne l’analogie, qui, elle, est rationnelle :  A est à B comme C est à D. Mathématiquement : A/B = C/D. Application immédiate : Jésus est aux prêtres ce qu’un mari est à sa femme. Ici on comprend. Et puis, parce qu’on comprend, on réfléchit et on se rebiffe : tout bien considéré, le lien du Christ avec ceux qui le représentent, qui distribuent ses sacrements, qui ont puissance pour le faire, n’est pas un lien affectif, conjugal : c’est un lien opérationnel. Celui d’un Maitre et de ses Serviteurs de confiance. Si vous tenez absolument à une métaphore d’hyménée, cherchez du côté des mystiques. Des saints…

Commentaires

De l'agir du Christ, en prendre certaines manifestations et en laisser de cotés d'autres, c'est faire preuve de tromperie, de manipulation, de fondamentalisme, au service de la sauvegarde d'un pouvoir. Ça n'a rien à voir avec l'essence même du message évangélique...
Jésus n'a jamais institutionnalisé son mouvement. C'était comme un souffle qui se propageait par les bons soins du St Esprit, la foi et la bonne volonté des apôtres et des disciples.
S'appuyer sur cet agir, inscrit dans un contexte socio-culturel particulier et le transposer tel quel au fil des siècles, quelle supercherie !!!
A une femme dans une assemblée qui demandait à un pasteur de dire quelques mots sur Dieu, il lui répondit :
"Vous ne m'avez pas compris "
J'ai toujours cette intuition que, moi y compris, nous n'avons toujours rien compris du Christ. Peut être qu'en contemplant le mystère de l'incarnation dans ces jours qui arrivent, il nous sera donné d'y voir plus clair sur le souffle que véhicule le message de la naissance du Sauveur.

Écrit par : Etienne | 14/12/2012

Excuse le retard apporté à te répondre, cher Etienne, et merci de la confidence que tu veux bien faire. Pour moi, c'est Dieu qui me reste inimaginable. Mais Jésus, cet homme comme nous, j'ai le sentiment que je le comprends. C'est notre rêve de tendresse et de justice. Il "danse" dans ma tête, pour reprendre le mot du prophète Sophonie cité en 1ère lecture dimanche passé.

Je t'embrasse.

Écrit par : Ephrem | 17/12/2012

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