01/05/2013

C'est ce corps qui décide, à la fin

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Quatre mois ! Que se passe-t-il, pour qu’en quatre mois, je n’aie pu honorer l’engagement pris au nouvel-an de débroussailler chaque mois une question nouvelle, relative aux choses de la vie et à leur valeur morale dans l’optique chrétienne ? Il se fait que les moyens m’en ont été, tout à coup, diminués. Que des neurones cérébraux ont disparu, victimes, allez savoir, d’une irrigation défaillante, ou seulement de l’usure. Rien ne m’en a averti sinon, après coup, un triple refus : celui des « mots » d’accourir à mon appel, celui des phrases de s’ordonner sans sac d’embrouilles, celui de mon esprit de reconnaître pour vraiment mien ce qui sort finalement de ma plume… Bossuet aurait dit : il se meurt, avec ce pronom inchoatif qui décrit le temps ! Je reprends le sermon sur Henriette-Anne d’Angleterre et médite sur ces vérités premières : « Tout ce qui se mesure finit ; et tout ce qui est né pour finir n’est pas tout à fait sorti du néant, où il est aussitôt replongé. » Ah bon ! Vérité banale, un moins un égale zéro ! Je vous épargne d’autres misères, dont la menace ne s’est pas vérifiée, grâce à Dieu : au terme de deux scanners, mon pancréas est sain.  

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Si je ne peux plus rédiger de blog qu’à grand ahan, je peux encore lire avec plaisir ceux d’autrui, comprendre ce qui s’y débat, et même participer fugacement aux échanges. En m’abonnant au journal La Croix, j’ai découvert le blog tenu par Isabelle de Gaulmyn, Une foi par semaine. J’y ai trouvé une public de lecteurs d’une grande qualité, au double point de vue de la compétence théologico-philosophique, et de l’engagement chrétien : les pires conservateurs y engagent le fer avec les meilleurs réformistes. Ainsi je vous transmets une réflexion que je trouve pénétrante d’un certain Gershom Leibowicz, à l’occasion de la loi sur le mariage... dit « pour tous », et signifiant « incluant les homosexuels ».

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Le discours de l’église en matière de morale sexuelle se fonde essentiellement, dit-il,  sur une morale du surmoi et jamais sur une éthique du moi. C’est là sa faiblesse fondamentale. (…) Elle ne prend jamais comme point de départ la réalité vécue , rarement choisie et souvent imposée par les faits, comme dans le cas de l’homosexualité. C’est pourtant cette sexualité-là  qu’il s’agit d’orienter , après en avoir constaté , sans la juger, la réalité pour prendre en compte concrètement l’appel du message évangélique. Au contraire l’église prend comme point de départ un idéal de vie , objectivé de manière impersonnelle et hors de tout contexte auquel il s’agit d’ajuster sa vie sans tenir compte de la complexité du réel, ni des déterminismes de tous ordres, ni de l’irréductible unicité des personnes auxquelles elle veut imposer sa norme, qualifiée dans l’absolu et de manière théorique de BIEN individuel et social.

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A une telle approche idéaliste au sens philosophique du terme, G. L. voit deux inconvénients majeurs: placer la personne à priori dans une situation de culpabilité, face à un système dogmatique ; et la priver de toute possibilité d’évolution et de maturation. Et il conclu :  C’est la méthode d’ élaboration du discours moral de l’église cléricale qui doit être revue, loin de la fiction que la personne est totalement libre de ses choix, et qu’elle ne subit aucun déterminisme, social, psychologique , économique culturel)pour vivre d’une manière morale.

 

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Dans le dialogue poursuivi sur le blog d’Isabelle de Gaulmyn, il semble que Gershom L. ne mette pas en doute l’existence d’un « idéal » de la sexualité commun à tous, ce dont moi, je doute. Toutes les vertus chrétiennes définies theoriquement ne me semblent pas convenir toutes à tout le monde… Reprochera-t-on aux papes Pie ou Benoit de ne pas être des papes Jean ou François ? Ce qu’il faut pour tous, ce qui est demandé à tous, c’est la Charité. 

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