13/10/2013

D'où vient ce bonheur ?

solitude imagesCAG8PA90.jpgDans le silence public où mon coeur, nourri aux vieux paquets de lettres grises et aux  enregistrements toujours bruns, me ressuscite les ferveurs et les chagrins qui ont accompagné mon parcours existentiel, je médite sur le sens final de ce type d’existence que Dieu m’a donné. Je le fais solitairement. A part mon neveu Pierre, devenu tout à la fois mon fils, mon confident, et mon… majordome (!),  il se fait que mes proches ne le sont plus guère. Leur affection demeure ce qu’elle fut, je le sais, tendre, j’en ai quelquefois de beaux signes, mais leur vie les emmène logiquement dans un univers plus entrepreneurial que le mien, et je ne vois pas pourquoi je m’y opposerais.  

 

  PONTimagesCA5F6TIG.jpg          Aux prises, donc, avec ma vie dans son cours long et sinueux, j‘en isole volontiers les composantes : 1. l’eau de ce courant, d’abord, l’hérédité de ce petit garçon né avant-guerre dans une famille paysanne traditionnelle, pieuse et laborieuse. A qui on a donné le prénom de l’ancêtre : fermier né en 1857 et se faisant instituteur privé en 1880, dans la première guerre  scolaire, quand l’enseignement primaire officiel exclut d’enseigner la religion. Et moi, qu’ai-je fait d’autre qu’enseigner la religion ? 2. Je distingue aussi l’influence de mes proches, parents ou étrangers, qui m’ont « fait comme eux » magnifiquement  lorsqu’ils m’aimaient, - et comme eux aussi, mais douloureusement, quand ils ne m’aimaient pas, comme au collège des Franciscains où je me sentais malmené, décalé, vers ma treizième année. 3. Je n’oublie pas, vibrant dans tout cela, l’exercice de ma liberté, vécu comme un jeu et une chance – alors que c’est un devoir.  

 

solitude 2imagesCA9C8XT9.jpg             Depuis le début de cette année 2013, monte de ce voyage analytique en moi-même une exaltation mystérieuse, un bonheur profond dont je ne comprends pas encore toutes les causes. Mais j’en goûte l’intensité, l’imprévu, la stabilité. C’est étrange. J’approche de ma 80e année, je vais mourir, mes sens m’abandonnent ; je deviens sourd, je vois mal, je maigris, j’oublie tout. La marche à pied, oui, ça va toujours, mais jusqu’où, et jusqu’à quand ? D’un mois à l’autre, mes capacités baissent. Ce bonheur, dès lors, d’où peut-il sortir ?

 

oiseau soluier imagesCA42K4V3.jpg            Il vient de ma foi, il ne peut venir que d’elle. De l’espèce de lien puissant, constant, résistant, exaltant, qui s’est établi dans mon esprit entre l’image que j’ai de moi et celle qu’on m’a donnée (implantée, insérée, inoculée) concernant Jésus-Christ, fils unique de Dieu, qui m’aime à en mourir, moi, et tous les hommes mes frères. Cet Homme-Dieu, je ne l’ai jamais vu (hm!) ; j’en ai pourtant senti l’influence, la présence, la bienveillance tout au long de ma vie. Et maintenant, il va se montrer, j’y pense sans cesse, le moment approche où je le verrai. Qui ? Cela. Lui.  « Je laverai ma face au lac de ton visage / Quand tu viendras, mon  christ, au soir de mon destin. »  Déjà en 1966… Début d’un poème de JEUNESSE.

 

    pape françois 2 imagesCAYSF2RG.jpg        Je m’interroge vraiment sur le tranquille bonheur dont me voilà baigné et lavé. Je devrais encore mentionner des faits extérieurs inespérés, qui m'enchantent, comme l’arrivée d’un pape providentiel, et une fierté nouvelle pour les chrétiens humiliés par les affaires de mœurs un peu partout ou d’argent sale au Vatican. « Un grand prophète est paru parmi nous, et Dieu a visité son peuple » 

 

P. S.  Certes, ce bonheur personnel dont je parle disparaitrait si la souffrance physique venait envahir ma conscience, et qu’il n’y ait pas d’antalgiques adaptés. Il serait aussi menacé par une psychopathie. J’en mesure donc, j’en dis la volatilité possible. Reste qu’au moment où j’écris ceci, il me berce. Jésus est tellement là que j'en deviens bavard. Même la nuit, si je ne dors pas, je l'interpelle... C'est simple.

Commentaires

Inespérée, en effet, l'arrivée de François qui (r)ouvre les portes de l'Eglise aux petits, aux pécheurs; à l'immense peuple de Dieu. Quant à vous, cher Ephrem, votre témoignage est toujours aussi lumineux, semblable à un bel été indien.

Écrit par : Blaise | 21/10/2013

J'aimerais voir plus de "vieux" comme vous dans ma paroisse. Malheureusement, c'est plutôt rare. Et ne parlons pas des "jeunes". Quand on vous lit, on mesure tout ce qui s'est perdu en termes d'éducation depuis 60 ans, mais aussi tout le lavage de cerveau opéré par la télévision et le reste.
Dommage que vous écriviez si peu.

Écrit par : Ry | 08/11/2013

Se laisser tout simplement glisser dans le bonheur, imprégné de Lumière... Etre en le Christ... La photo de la rivière me fait penser à la fin du roman "Siddhartha" de Hermann Hesse :) Je vous souhaite une magnifique route!

Écrit par : Eric-le-peintre | 28/02/2014

Vraiment apprécier vous partager cette article.Happiness c'est dans l'esprit des gens. C'est ainsi que nous faire sortir ce vraiment counts.You ont en quelque sorte prendre les coups et peu importe ce qu'elle est jusqu'à vous enroulez merci up.Really! Vraiment cool.

Écrit par : how to lose weight fast | 27/03/2014

Je vous applaudis pour votre éditorial. c'est un vrai exercice d'écriture. Développez .

Écrit par : auto ecole neuilly | 19/07/2014

MERCI BEAUCOUP POUR VOTRE ARTICLE

Écrit par : trafic organique | 18/09/2014

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