Je ne sais ce qui me paralyse depuis presque une semaine, mais c'est un fait. Je déchire après dix lignes les papiers que je commence, ne leur trouvant soudain pas d'intérêt. D'où vient donc ce spleen passager - ou ce down, comme vous voulez ? Réponse probable : je suis accablé de voir surgir sur mon blog (ailleurs aussi, mais là je ne peux rien faire) des conflits auxquels je me sens étranger, où je suis pourtant pris à partie, clairement ou de façon détournée.  Je vois bien que ces querelles sont attractives, sur le plan de la communication. Les combats de coqs font toujours recette : les commentaires s'accumulent quand s'annonce le choc frontal (...plutôt la collision des becs). En soi ce ne serait pas mal, si la perspective était un travail de la raison, donc un bonheur de la connaissance. Mais l'écriture - le choix des mots, leur place, leur répétition - révèle qu'il n'en est pas ainsi. L'enjeu n'est pas le progrès intellectuel ou spirituel des lecteurs (y compris soi-même) mais que l'on soit le premier à l'arrivée, voire aussi le dernier qui survive, çad qui écrive. J'essaie d'en sourire. N'ai-je pas prétendu au réalisme, autant qu'à la vie avec Dieu ? Faut donc que je « fasse avec » ! Bon, bon. Il me reste à tout faire pour ramener la paix... Et d'abord pour la faire aimer plus que la guerre, à cause de la vertu de courtoisie qui s'y déploie. Je laisse à plus tard, si nécessaire, l'élaboration d'un code précis, code dont nous avons pu nous passer jusqu'ici.
J'en viens, dans un cadre chagrin, à un bonheur du cœur, une sorte d'exultation. L'hommage puissant qu' intérieurement j'ai rendu, cette après-midi, à mon Eglise. La raison ? Un de ses prêtres, pourtant surchargé comme les autres, n'en bâclait pas pour autant son ministère, son prochain étant devenu pour lui, homme de Samarie, plus important que tout. J'assistais aux funérailles de la mère d'un homme qui, professionnellement, m'a été proche. Nous avions ensemble, le fils et moi, préparé la cérémonie. Il avait été d'abord question de recourir à une incinération. Elle n'était pas engageante, la perspective du quart d'heure accordé par le crematorium d'Uccle pour, dans l'ordre, un peu de musique enregistrée, quelques mots d'adieu de familiers, et la disparition du corps. Mais enfin... en période de crise, qu'est-ce qui reste sacré ? Finalement, on a pu écarter la solution uccloise. Un prêtre africain, de ceux qui ont la foi, le temps et la voix, a pu célébrer la messe devant le corps à ensevelir ; il l'a fait avec une sorte de majesté tranquille, dans un vrai recueillement. Une heure et demie... Et (réalisme encore) coût moindre, je ne sais comment il a fait, avec un organiste et un sacristain à défrayer... Pour moi, l'émotion personnelle fut aussi d'entendre déjà les chants postconciliaires qui m'accompagneront à mon tour. Le Seigneur est mon berger, dans la version Gélineau ; le Sanctus de Schubert, de la Deutsche Mess ; et le poignant cantique dont je reçois les deux premières phrases comme une caresse : « Sur le seuil de sa maison, notre Père t'attend, et les bras de Dieu s'ouvriront pour toi » Qu'est-ce qui peut le mieux faire entendre la "sainteté" de ce concile exceptionnel qui n'a condamné personne ? C'est dit ici en quelques mots - la Confiance qui peut habiter tout chrétien comme elle exaltait Paul, tandis qu'est renvoyée au musée des horreurs toute absurde collection privée de versets démoniaques, choisis pour leur potentiel de terreur, de ritualisme et de fantastique. |
23-08-2009, 01:26:18
Ephrem,
Je suis navré d'avoir participé moi même à la querelle qui eut lieu, et de vous avoir pris à parti en quelque sorte en voulant vous remercier. Et je vous prie de m'en excuser. Il faudra que vous songiez si vous le voulez bien que l'on échange nos adresses mails car je ne trouve pas la votre.
Bien à vous.
cyril